BlackBerry se dirige vers un démantèlement
BlackBerry fait volte-face. Le fabricant canadien de téléphones a mis un terme hier à ses recherches d’acquéreur. Le groupe n’a pas fourni d’explications détaillées sur les raisons de cette décision. Fairfax Financial, qui était le premier candidat au rachat de BlackBerry dont il est le premier actionnaire avec environ 10% du capital, a pour sa part démenti toute difficulté à boucler le financement de l’opération, dont le montant avoisinait 4,7 milliards de dollars.
Selon le fonds d’investissement canadien, les opérations d’audit ont montré que la structure du groupe n’était pas adaptée à une opération de rachat par effet de levier. Pour le Wall Street Journal, les fondateurs de l’ancien Research in Motion, Mike Lazaridis et Doug Fregin, également un temps sur les rangs, réclamaient pour leur part plus de temps pour boucler leur projet de reprise. Plusieurs groupes d’électronique ou de logiciels auraient également regardé le dossier, sans aller plus loin. Le patriotisme économique du Canada a pu refroidir certains candidats.
BlackBerry revient donc à la case départ mais perd au passage son directeur général. Thorsten Heins est remplacé par John Chen. Ancien dirigeant de Sybase, passé dans le giron de SAP, il assurera l’intérim dans l’attente d’un successeur et sera nommé président exécutif. John Chen est également conseiller du fonds Silver Lake mais a assuré que sa nomination était indépendante de ses fonctions au sein du fonds d’investissement américain spécialisé dans les groupes de technologies.
Ce flottement a provoqué la chute de 16% du cours de l’action hier, à 6,75 dollars, à la Bourse de Toronto. Le groupe va bien lever un milliard de dollars via des obligations convertibles, souscrites à hauteur de 250 millions par Fairfax, mais il ne règle pas ses problèmes de stratégie. La sortie de nouveaux modèles n’a pas réussi à enrayer la chute continue des ventes de téléphones. Entre 2011 et aujourd’hui, les ventes mondiales trimestrielles de BlackBerry ont été divisées par près de deux.
L’émission de convertibles va donner un peu de temps au groupe pour mener à bien le plan de restructuration lancé en septembre. Mais elle ne suffira pas à lever tous les risques. Sans repreneur, BlackBerry pourrait être contraint de céder un ou plusieurs de ses actifs: logiciels, services ou brevets.
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