BHP Billiton va s’emparer de Petrohawk Energy pour 12,1 milliards de dollars
Le débat environnemental autour des gaz de schiste n’a manifestement pas réfréné l’ardeur de BHP Billiton. Le géant minier a en effet annoncé cette nuit qu’il allait racheter en numéraire l’américain Petrohawk Energy pour 12,1 milliards de dollars (8,6 milliards d’euros), ce qui devrait faire entrer le groupe anglo-australien dans la liste des dix premiers producteurs mondiaux indépendants d’hydrocarbures. Cette offre amicale, qui prévoit «une indemnité de 395 millions de dollars» en cas de rupture de la transaction, atteindra au total 15,1 milliards de dollars en incluant la dette de sa cible.
BHP va verser 38,75 dollars par action, ce qui correspond à une prime de 65% sur le dernier cours de clôture de sa cible. «Au niveau actuel des prix du pétrole, il est difficile de trouver des cibles à bon prix, mais le potentiel de création de valeur dépendra également du rythme de croissance de l’économie américaine», juge Peter Chilton, gérant de portefeuille chez Constellation Capital. BHP a précisé qu’il financerait cette acquisition grâce à sa trésorerie et à de nouveaux crédits bancaires.
Après le rachat de Chesapeake Energy pour 4,75 milliards de dollars en mars dernier, motivé par des raisons identiques, BHP va accéder aux vastes gisements de gaz de schiste au Texas et en Louisiane, soit une production journalière de 158.000 barils équivalent pétrole. «Cette proposition d’acquisition s’inscrit dans notre stratégie et nous donne une plus grande exposition au marché mondial de l'énergie, tout en élargissant notre présence géographique», a souligné Marius Kloppers, directeur général de BHP.
«Les investisseurs pourraient nourrir quelques inquiétudes, étant donné que BHP vient de dépenser en quelques mois environ 20 milliards de dollars dans des activités nouvelles sur lesquelles le groupe devra faire ses preuves », nuance Gavin Wendt, analyste senior chez Mine Life à Sydney. L’action BHP perdait d’ailleurs 2% dans les premiers échanges à Sydney en passant sous les 43 dollars australiens.
BHP va «très probablement» participer à d’autres opérations de consolidation dans l’industrie pétrolière, a néanmoins déclaré Marius Kloppers qui souhaite probablement ainsi faire oublier les revers subi par le groupe minier dans son projet de fusion avec Rio Tinto fin 2008 ou lors de l’acquisition avortée du canadien Potash Group fin 2010.
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