BHP Billiton va racheter 10 milliards de dollars d’actions d’ici fin 2011
Les bons résultats semestriels de BHP Billiton vont lui permettre d’être généreux avec ses actionnaires sans pour autant sacrifier sa croissance future. Malgré des pressions à la hausse sur ses coûts de production, le fort rebond des cours du minerai de fer, du cuivre et du pétrole lui ont en effet permis d’afficher un bénéfice net à fin décembre en hausse de 72% à 10,5 milliards de dollars contre 10,2 milliards attendu par le consensus des analystes. Le chiffre d’affaires a progressé pour sa part de 39% à 34,2 milliards. Son dividende intermédiaire, en hausse de 9,5% à 46 cents par titre, est légèrement inférieur au consensus qui tablait sur 48 cents.
Si le rachat avorté du canadien Potash Group à l’automne dernier a donné lieu à l’enregistrement d’une charge exceptionnelle de 314 millions de dollars, la trésorerie disponible de 16,1 milliards de dollars de BHP lui permet de porter son programme de rachat d’actions à 10 milliards de dollars d’ici fin 2011, contre 4,2 milliards de dollars annoncés au mois de novembre. Le groupe n’a pas donné de détails sur la façon dont il comptait réaliser ses rachats de titres.
Tout en prévoyant une volatilité des prix des matières premières au cours des prochains mois, le directeur général Marius Kloppers s’est dit confiant dans la hausse structurelle de ses principaux marchés, stimulée par «l’urbanisation et l’industrialisation continuelle des économies émergentes». C’est pourquoi il a annoncé un programme d’investissement de 80 milliards de dollars d’ici à 2015, notamment dans des mines de cuivre, d’uranium et de charbon en Australie. S’il semble privilégier la croissance organique à des acquisitions, le groupe n’a cependant pas totalement renoncé à la croissance externe «sur des actifs de première qualité»
Les producteurs miniers «sont dans une logique d’expansion des volumes qui leur permet de répondre désormais à la croissance de l’économie chinoise, ce qui n’était pas le cas voici deux ans», relève Cameron Peacock, analyste chez IG markets à Melbourne. «Avec les 80 milliards de dollars d’investissements prévus sur 5 ans, l’engagement d’un rachat de titres à hauteur de 10 milliards et celui de faire progresser le dividende, le groupe va consommer une grande partie de sa génération de cash flow opérationnel», conclut Glyn Lawcock, analyste chez UBS.
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