BHP Billiton prend pied sur le marché des gaz de schiste aux Etats-Unis
Après avoir annoncé la semaine dernière vouloir consacrer 80 milliards de dollars à des investissements de croissance d’ici à 2015, BHP Billiton n’a pas attendu longtemps pour passer à l’acte. Conseillé par Jefferies, il vient en effet de conclure un accord avec Chesepeake Energy, deuxième producteur gazier américain, afin de lui racheter pour une valeur de 4,75 milliards de dollars (3,5 milliards d’euros) des actifs dans les gaz de schiste, ces gisements de type non conventionnel qui se présentent sous la forme d’accumulations continues de gaz naturel réparties sur de larges volumes rocheux. Lourdement endetté, Chesapeake avait mis en vente voici deux semaines ces actifs situés dans l’Arkansas, sous la pression de l’investisseur Carl Icahn qui détient 6% de son capital.
Cette acquisition va doubler la valeur des réserves d’hydrocarbures du groupe anglo-australien aux Etats-Unis. Plus globalement, elle renforcera sa position concurrentielle dans le secteur du gaz naturel où il est déjà présent en Australie et dans le Golfe du Mexique. Financée sur l’abondante trésorerie du groupe (16,1 milliards de dollars à fin décembre), la transaction «devrait être bouclée d’ici à la fin du premier semestre 2011 et elle sera immédiatement relutive sur le cash flow et le bénéfice net du groupe», a indiqué J. Michael Yeager, directeur général de la division pétrolière du groupe. Celui-ci entend tripler à terme la production journalière des actifs acquis et consacrera entre 800 millions et 1 milliard de dollars sur 10 ans pour développer ces champs de gaz de schiste («shale gas»).
Alors que BHP a dû renoncer à son OPA sur le canadien Potash Group à l’automne dernier, cette transaction dans le pétrole «est probablement le seul domaine où le groupe ne risque pas d’être confronté à des problèmes réglementaires ou concurrentiels liés à un rachat d’envergure», commente Ric Ronge, gestionnaire d’un fonds pétrolier chez Pengana Capital.
En Amérique du nord, BHP sera désormais en concurrence directe avec les «majors» (BP, Chevron, Exxon) qui ont investi sur ce segment, ainsi qu’avec certains groupes chinois. PetroChina a ainsi racheté au début du mois au producteur canadien Encana pour 5,5 milliards de dollars d’actifs dans les «shale gas», tandis que CNOOC avait auparavant acquis auprès de Chesepeake pour 2,4 milliards de dollars d’actifs sur ce segment.
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