BHP Billiton pourrait aller plus loin dans les rachats d’actions
C’est officiel. BHP Billiton a annoncé hier qu’il abandonnait son offre sur Potash Corp face à l’opposition du Canada. Pour solder cette aventure, BHP comptabilisera une charge de 350 millions de dollars fin 2010. La majeure partie, à hauteur de 250 millions, concernera des frais sur le prêt d’acquisition de 45 milliards de dollars qu’il avait obtenu en vue de l’opération.
Mais ce n’est pas ce chiffre qui a retenu l’attention hier. Car dans la foulée, le groupe anglo-australien a confirmé, comme beaucoup d’analystes l’attendaient, la reprise de son programme de rachat d’actions, en «réactivant les 4,2 milliards de dollars restant du programme de rachat d’actions de 13 milliards de dollars précédemment suspendu». BHP rappelle à l’occasion son historique en la matière avec quelque 12,7 milliards de dollars de rachats d’actions effectués depuis 2005 et une redistribution de 17,9 milliards sous forme de dividende.
Selon Credit Suisse, l’impact de cette relance du programme devrait être modeste. Le bureau d’analystes attend un effet positif de 0,5% à 1% sur le bénéfice par action 2011 si les rachats sont bouclés avant juin prochain. La nouvelle a été bien accueillie avec une hausse de 1,84% à 2.406 pence à Londres. Mais «nous attendons plus», poursuit la banque.
Elle rappelle en effet que ces 4,2 milliards de dollars ne représenteraient que 2% des actions de la structure britannique (BHP Plc). Or, BHP dispose d’autorisations jusqu’à 10% du capital de sa structure britannique et demandera aujourd’hui à ses actionnaires réunis à Perth en Australie la même autorisation sur BHP Ltd. «En supposant que BHP aille plus loin et dépense 9 milliards de dollars de plus en rachats jusqu’en 2012 (soit 10% des actions BHP Plc et 4% de celles du groupe) notre projection de bénéfice par action croîtrait de 3,8% en 2012 et de 5,3% en 2013», calcule Credit Suisse.
BHP en aurait les moyens avec actuellement 8,4 milliards de dollars de trésorerie brute et environ 18 milliards de cash-flow opérationnel par an. A ce rythme, le groupe pourrait d’ailleurs se retrouver sans dette d’ici fin 2011. L’utilisation à venir de ces liquidités risque donc d’être l’un des thèmes centraux de l’assemblée générale du jour.
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