BHP Billiton joue à son tour la prudence en matière d’investissements
Sévère ajustement pour les géants du secteur minier. Dans la foulée d’annonces comparables de la part de Rio Tinto et de Vale, BHP Billiton est sorti du bois cette semaine pour annoncer un net repli de son budget d’investissement. Après une période d’euphorie sur le front de la demande en matières premières, pendant laquelle la course à la taille avait fait rage par le biais de coûteux projets industriels ou de croissance externe, les grands noms de la mine sont pris au piège d’une demande hésitante, notamment du fait du ralentissement économique chinois.
Le directeur général de BHP Billiton, Andrew Mackenzie, a ainsi fait part d’une baisse de 25% du budget d’investissements pour l’exercice en cours à fin juin, ce qui représenterait une baisse de 5,5 milliards de dollars à 16,3 milliards. Et le dirigeant de tabler sur un nouveau recul en 2014-2015. «Je ne sais pas exactement où se situe le niveau convenable, mais je peux garantir qu’autour de 15 milliards j’ai confiance dans notre capacité à grandir et à assurer un retour approprié aux actionnaires», a expliqué Andrew Mackenzie.
Il ne s’agit donc pas de renoncer à la croissance, le groupe ayant confirmé ses objectifs de production annuelle, mais d’«être plus intelligents avec le capital». Le dirigeant mise sur les gains de productivité et sur l’accent mis sur les «quatre piliers» de développement que sont le minerai de fer, le pétrole, le cuivre et le charbon.
En parallèle, le brésilien Vale a dévoilé fin novembre un recul de 9% de ses investissements en 2014, à 14,8 milliards de dollars. Début décembre, Rio Tinto a de son côté fait part de son souhait de réduire de plus de 20% ses investissements tant en 2014 qu’en 2015. Ils passeraient ainsi de 14 milliards de dollars cette année à 11 puis 8 milliards. Un niveau que le directeur général Sam Walsh a qualifié de plus «soutenable».
Le groupe, anglo-australien tout comme BHP Billiton, s’est tout de même permis d’afficher sa confiance dans le rebond de la demande d’acier en Chine, synonyme de débouché prometteur pour son minerai de fer. Le cours de ce dernier a cédé plus du quart de sa valeur depuis un sommet atteint à l’automne 2011. L’agence australienne de prévisions économiques sur les matières premières envisage dans ce contexte incertain une chute des deux tiers des investissements nationaux dans le secteur au cours des cinq prochaines années.
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