Bertelsmann prend le plein contrôle de Gruner+Jahr
Deux ans après une première tentative avortée, Bertelsmann est cette fois parvenu à s’entendre avec la famille Jahr pour lui racheter en numéraire la part de 25,1% du capital qui lui échappait encore pour prendre le contrôle total de l’éditeur Gruner+Jahr (G+J). Si le montant de la transaction n’a pas été précisé, «cette participation est sans doute valorisée autour de 400 millions d’euros, en retenant un multiple de 6 à 8 fois les bénéfices pour le segment de l’édition grand public», commente Alex DeGroote, analyste chez Peel Hunt à Londres.
A l’instar de la plupart des groupes de presse, G+J cherche à accélérer son virage numérique pour contrer ses difficultés actuelles. La société, dont le siège social est à Hambourg, a annoncé fin août un plan d'économies qui se traduira par la suppression de 400 emplois en Allemagne sur les trois ans à venir, soit un sixième de ses effectifs dans ce pays. L’objectif est de réduire ses coûts de 75 millions d’euros par an.
«Les actionnaires de Gruner+Jahr partagent unanimement la conviction que l’avenir du groupe offre de belles opportunités dans le monde numérique», souligne Bertelsmann dans son communiqué, en précisant que la transaction, qui met un terme à un partenariat de 45 ans entre les deux parties, serait effective au 1er novembre prochain. Seul maître à bord de G+J, le géant des médias a l’intention d’accélérer cette mutation après le recul de 9,3% du chiffre d’affaires de sa cible au premier semestre, à 908 millions d’euros. «Le retour de la croissance prendra entre deux et trois ans» chez G+J, pronostique néanmoins Thomas Rabe, président du directoire de Bertelsmann, en tablant sur «une coordination et un processus de décision plus rapides».
Outre l'édition avec G+J et Penguin Random House, Bertelsmann est présent dans la radio-télévision avec RTL Group, maison-mère des chaînes de radio et de télévision du même nom et de M6 en France, dans les droits musicaux avec BMG mais aussi dans les services aux entreprises, via notamment les centres d’appels. Les activités numériques d’Axel Springer, principal concurrent allemand de Bertelsmann, représentent désormais plus de la moitié de son chiffre d’affaires et les deux tiers de son bénéfice d’exploitation.
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