Belvédère veut ouvrir une nouvelle page avec Krzysztof Trylinski
Belvédère cherche à se refaire une virginité. Adieu à l’ère Rouvroy, à la procédure de sauvegarde à rebondissements à Dijon, et à la sanction de l’AMF. Bienvenue dans l’ère Trylinski, qui a débuté le 1er juillet avec l’ouverture d’une nouvelle procédure de sauvegarde à Nîmes, et s’est poursuivie par le placement du groupe en redressement judiciaire le 20 septembre dernier. Le conseil du groupe de spiritueux vient d’officialiser ce changement en nommant Krzysztof Trylinski, directeur général de Belvédère depuis la création du groupe en 1991, au poste de PDG, à la suite de Jacques Rouvroy. Ce dernier quitte l’entreprise et les mandats qu’il y exerçait «pour des raisons personnelles». Le groupe ne commente pas plus la démission de Luc Demarre, en juillet, et de Xavier Paper, mi-septembre, tous deux administrateurs et seuls membres du comité d’audit. Ceci, alors que les commissaires aux comptes, Didier Roux et Mazars, se sont déclarés «pas en mesure de certifier» les résultats 2010.
Belvédère assure entamer «une nouvelle phase de changement». «Mon premier geste en qualité de PDG va vers nos créanciers, que j’invite solennellement à venir s’asseoir à la table des négociations pour le bien de l’entreprise et la préservation de ses emplois», déclare Krzysztof Trylinski. En juin dernier, «les dirigeants avaient aussi fait une déclaration du même acabit... pour en fait gagner du temps et essayer d’obtenir une nouvelle sauvegarde pour Belvédère SA», commente le comité des porteurs d’obligations à taux variable (FRN).
«Mon objectif prioritaire est de désendetter Belvédère», assure le nouveau patron de Belvédère. Fin 2010, la dette financière nette ressortait à 562 millions d’euros. Toutefois, malgré la situation précaire du groupe, Jacques Rouvroy et Krzysztof Trylinski n’ont pas hésité à s’octroyer une hausse de 36% de leurs rémunérations entre 2009 et 2010 à 570.000 euros chacun... Ce désendettement «sera rendu possible rapidement par la cession prochaine de deux marques», poursuit Krzysztof Trylinski, valorisant son portefeuille de marques au moins à 1 milliard d’euros, un écart élevé par rapport à leur valeur nette de 142 millions dans les comptes 2010.
Demain, l’audience de la cour d’appel de Nîmes devrait fixer la date du délibéré sur l’appel du ministère public de la décision du tribunal de commerce de Nîmes du 1er juillet dernier de placer Belvédère en sauvegarde.
Plus d'articles du même thème
-
L’Italie veut instaurer l'exit tax pour retenir les millionnaires
Calquée sur le modèle français avec quelques nuances, la proposition de taxe concerne les titulaires d’un patrimoine financier supérieur à 800.000 euros qui seraient tentés par un départ de la Grande Botte. -
En changeant de taux directeur, la Banque de Chine espère donner un coup de pouce à l’économie
La banque centrale chinoise met en pratique sa nouvelle politique monétaire avec un taux directeur désormais au jour le jour, réduisant mécaniquement le coût des financements et le rendement de ses obligations souveraines. Une mesure de relance qui n’arrive pas seule. -
Stonepeak finalise la reprise de Castrol avec le soutien du Canada Pension Plan Investment Board
BP, son propriétaire depuis 2000, a bouclé la vente de la majorité du capital au fonds d'infrastructures Stonepeak, conformément aux conditions annoncées fin 2025, valorisant Castrol 10,1 milliards de dollars. Le gestionnaire d’actifs du régime de pensions du Canada participe à l’opération en tant qu’actionnaire minoritaire indirect.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Coup de pressionPrimaire : la guerre d'usure de Gabriel Attal contre Edouard Philippe
Le candidat Renaissance se satisfait d'avoir mis en évidence que le maire du Havre est le facteur bloquant. Il veut accroître la pression sur lui -
Cash« L'Italie a un besoin désespéré de capitaux » : Giorgia Meloni taxe les riches qui veulent partir
Avec son « exit tax » qui touchera les contribuables fortunés, Rome cherche à préserver son assiette fiscale tout en continuant d’attirer les grandes fortunes étrangères, illustrant une concurrence européenne croissante pour les capitaux -
Come backPrésidentielle : qu'il se rase ou pas, Bruno Le Maire y pense très fort
Bruno Le Maire travaille discrètement, mais activement, à une candidature. Si les circonstances le permettent