Belvédère et son administrateur judiciaire lancent un appel aux actionnaires

Dans deux lettres, ils invitent les actionnaires à se rendre en masse à l’AG décisive du 12 février ou à donner leur pouvoir à l’entreprise
Bruno de Roulhac

A moins d’un mois de l’assemblée générale de Belvédère, qui décidera de son sort, le 12 février, son PDG, Christophe Trylinski, et son administrateur judiciaire, Frédéric Abitbol, lancent un appel à la mobilisation des actionnaires et n’hésitent pas à leur demander d’envoyer leur pouvoir à l’entreprise. La bataille est donc ouverte avec l’Association pour la représentation des actionnaires révoltés (Arare), présidée par Nicolas Miguet. Lors de l’AG de juin dernier, l’Arare pesait 33% du capital, soit près de 90% du capital représenté.

Si l’AG se prononce contre le plan de restructuration, la liquidation judiciaire sera alors inévitable. Dans cette hypothèse, les actionnaires devraient tout perdre, étant créanciers de dernier rang. Non seulement, la dette financière de Belvédère s’élève à 441 millions d’euros au titre des obligataires FRN et à 96 millions pour les obligations subordonnées, mais encore le groupe a affiché en 2011 une perte nette de 55 millions d’euros et une perte opérationnelle courante de 5 millions. Néanmoins, «en l’état actuel, c’est fort probable que l’on vote contre», confie Nicolas Miguet, tout en précisant que le bureau de l’Arare ne se prononcera que la semaine prochaine.

En votant pour le plan, les actionnaires seront fortement dilués. Le capital sera alors contrôlé par les FRN, conformément au plan d’apurement du passif, et la gouvernance réorganisée avec un conseil d’administration composé majoritairement de membres indépendants.

Pour l’heure, sur les trois offres reçues pour l’ensemble des vodkas de Belvédère, la mieux disante est de 310 millions d’euros, sous réserve de l’absence de dette, confie un proche du dossier. Or, ce n’est pas le cas, ce qui rend cette offre peu réaliste. La deuxième meilleure serait inférieure à 275 millions d’euros. Quant à Marie Brizard, aucune des trois propositions reçues ne remplit les conditions minimales de valorisation. La meilleure serait de seulement 80 millions d’euros.

Toutefois, une nouvelle période de remise des offres a été ouverte jusqu’au 30 janvier, avec possibilité de les améliorer jusqu’au 12 février, trois jours avant l’audience du tribunal de commerce de Dijon en charge de l’examen du plan de restructuration de Belvédère. Le tribunal aura alors jusqu’au 20 mars pour rendre son jugement sur le plan.

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