Bayer souhaite renforcer au prix fort son portefeuille de traitement du cancer
Comme nombre de ses concurrents dominant le marché pharmaceutique mondial, Bayer a soif de croissance externe afin de renforcer son portefeuille de produits, visant particulièrement les acteurs spécialisés au développement prometteur. Hier, c’est le norvégien Algeta qui a indiqué être la cible du groupe allemand. Suite à une rumeur de presse, Algeta a reconnu avoir reçu une offre préliminaire de 336 couronnes par titre, soit au total l’équivalent de 1,8 milliard d’euros. Bayer s’est contenté de confirmer l’information.
L’initiative de Bayer ne surprend pas, deux mois après que son directeur général Marijn Dekkers a confirmé son souhait de développer sa division pharmaceutique par le biais de petites et moyennes acquisitions ou de collaborations sur la recherche. Une offre ferme visant Algeta associerait ces deux visions, les deux sociétés ayant développé en commun un traitement par radiation du cancer de la prostate, le Xofigo, homologué cette année aux Etats-Unis puis dans l’Union européenne. Bayer sait donc à quoi s’en tenir et semble miser sur un fort développement du produit, dont les ventes pourraient bondir de 17 millions de dollars au trimestre écoulé à un milliard en 2018 selon le consensus cité par Algeta.
L’offre indicative de 336 couronnes par action correspond ainsi à une prime de 27% sur le cours de clôture d’Algeta lundi soir. Le cours de la cible avait pourtant déjà plus que doublé sur les douze derniers mois pour représenter 20 fois le résultat net attendu en 2015, et 9,1 fois le chiffre d’affaires sur cet exercice contre un multiple médian de 7,1 selon Bloomberg pour l’ensemble des opérations comparables de ces cinq dernières années.
Ces chiffres de valorisation n’ont pourtant pas freiné l’enthousiasme des opérateurs de la Bourse d’Oslo, le titre Algeta évoluant tout au long de la séance d’hier au-dessus du prix de l’offre envisagée par Bayer, pour clôturer sur un bond de 30,42% à 345,1 couronnes. Bayer pourrait devoir subir la pression de concurrents dans le cadre d’une bataille d’enchères, même si sa position de partenaire d’Algeta depuis 2009 lui octroie un avantage en termes de synergies à espérer d’une union. Le directeur financier d’Algeta, Oystein Soug, a souligné dans ce contexte que la société norvégienne avait tout son temps, disposant de solides perspectives en tant qu’entité indépendante.
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