Bayer débourse 1,1 milliard de dollars pour élargir sa franchise contraceptive

L’offre du groupe allemand sur Conceptus valorise la cible 7,8 fois son chiffre d’affaires et 39 fois son excédent brut d’exploitation 2012
Yves-Marc Le Reour

Bayer accélère le rythme de ses acquisitions. Après avoir consacré au premier trimestre 365 millions d’euros au renforcement de son portefeuille d’activités dans la protection des cultures et la santé animale, le conglomérat allemand va prochainement racheter en numéraire le fabricant américain de contraceptifs Conceptus pour environ 1,1 milliard de dollars (852 millions d’euros). Le prix de 31 dollars par action, qui fait ressortir une prime de 20% sur le cours de clôture de la cible au 26 avril, correspond à une valorisation de 7,8 fois son chiffre d’affaires et 39 fois son excédent brut d’exploitation pour l’exercice 2012.

L’entreprise américaine, qui emploie 300 salariés, est la seule au monde à proposer une stérilisation sans anesthésie générale grâce à son produit Essure, approuvé dès 2002 par la Food & Drug Administration, souligne le groupe allemand. Il ajoute que cette méthode contraceptive permanente «peut être mise en place en moins de dix minutes par un gynécologue». Environ 700.000 femmes y ont déjà eu recours dans le monde entier, avec un taux de succès de 99,8% sur la base d’un suivi statistique de 5 ans.

Cette acquisition ciblée «s’intègre parfaitement à notre portefeuille de produits dans la santé humaine, particulièrement aux Etats-Unis, premier marché mondial», résume le directeur général de Bayer Marijn Dekkers. Alors que l’offre publique sera lancée «dans les dix jours ouvrés», la transaction devrait être menée à bien d’ici mi-2013. Avec 1,5 milliard d’euros de trésorerie, Bayer n’aura aucun mal à financer cette acquisition.

Si sa dette nette de 7,5 milliards d’euros au 31 mars dernier a augmenté de 7% en 3 mois, ce montant inclut 1,4 milliard de dette subordonnée obligataire hybride. Les trois quarts de cette dette hybride sont classés en fonds propres par Moody’s, contre 50% selon S&P. Notée «A-» par cette agence et «A3» par Moody’s, la dette à long terme de Bayer est assortie dans les deux cas d’une perspective positive.

Le groupe a par ailleurs confirmé la semaine dernière son objectif d’une hausse des ventes comprise entre 4 et 5% à environ 41 milliards d’euros en 2013, en dépit d’un rythme de croissance deux fois plus faible (+2,1%) au premier trimestre. Il s’attend à un excédent brut d’exploitation hors exceptionnels en progression d’environ 5% cette année.

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