Barrick Gold essuie une lourde charge de 8,7 milliards de dollars
Lourde dépréciation équivaut à lourde perte. Barrick Gold a comptabilisé au deuxième trimestre une charge de dépréciation de 8,7 milliards de dollars (6,6 milliards d’euros environ) conduisant à une perte nette de 8,6 milliards de dollars (8,55 dollars par action). Il y a un an, le premier producteur mondial d’or, basé au Canada, avait dégagé un profit de 787 millions de dollars (79 cents par action).
Cette charge de dépréciation est en grande partie imputable à sa mine de Pascua Lama, à la frontière entre le Chili et l’Argentine, dont la mise en route souffre d’un retard. Attaqué devant la justice chilienne par la communauté Diaguita et critiqué par le régulateur chilien de l’environnement, le projet a vu sa date de mise en service repoussée du second semestre 2014 à mi-2016.
Barrick Gold estime à près de 18 millions d’onces les réserves d’or prouvées et probables sur ce site. Sur le trimestre écoulé, la direction du groupe souligne néanmoins de bonnes performances opérationnelles, avec une production d’or et de cuivre en hausse.
Pour répondre au déclin récent des prix des métaux, le groupe entend accroître ses efforts en matière de réduction des coûts. Son PDG, Jamie Sokalsky, rappelle la diminution des investissements et des coûts inscrits au budget d’environ 2 milliards de dollars pour 2013. «L’essentiel de notre production d’or attendue pour cette année se situe à des niveaux de coûts bien en dessous des niveaux spot actuels (1.520 dollars l’once en moyenne au premier semestre, alors que le coût global de la production aurifère, qui comprend certains coûts de dépense en capital, s’est élevé à 931 dollars l’once, ndlr), et pour ces opérations qui ne générent pas de cash flow positif, nous changerons, suspenderons, fermerons ou céderons nos projets miniers», souligne Jamie Sokalsky. Les mines Plutonic et Yilgarn en Australie pourraient ainsi être vendues. Les mines dont les coûts dépassent les 1.000 dollars l’once représentent environ un quart de la production d’or anticipée cette année.
En raison des conditions actuelles, Barrick Gold a annoncé la division par quatre de son dividende trimestriel, qui passe ainsi à 5 cents par action. Quelques heures auparavant, son confrère Kinross Gold Corp avait fait part d’une suspension de son dividende trimestriel, après avoir lui aussi comptabilisé une lourde charge.
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