Avio veut entrer en Bourse avant l’été malgré le recul des marchés actions
A défaut de parvenir à céder Avio à un industriel, Cinven a décidé d’introduire en Bourse le groupe aéronautique italien. Dans cette perspective, un dossier a été déposé la semaine dernière auprès de Borsa Italiana, et de la Consob, le régulateur italien.
Au regard de la situation actuelle des marchés européens, une telle IPO sera-t-elle possible dans des conditions acceptables pour Cinven? La question mérite d’être posée alors que le MIB chute de 14% depuis le début de l’année, la plus forte baisse des grandes places européennes après Madrid (-24%). Le fonds d’investissement britannique, qui détient 81% d’Avio aux côtés de Finmeccanica (14%), avait déjà songé à une introduction en Bourse à l’automne 2011 avant d’y renoncer en raison de la chute des marchés. Cinven avait alors décidé de mettre en vente Avio.
Il Messagero parlait déjà en mars d’une cotation en Bourse avant l’été, évoquant une offre au public de 400 à 500 millions d’euros, soit un flottant de 20 à 25%.
En 2011, Avio a dégagé plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+15,6%), porté par le dynamisme de la division moteurs d’avion (+18,8%), pour un excédent brut d’exploitation (Ebitda ajusté) de 384 millions (+13,3%), soit une marge de 19%. Toutefois, le groupe ne dégage que 11 millions de résultat net et affiche encore une dette de 1,4 milliard d’euros, alors que Safran limite sa dette nette à 1 milliard. Au premier trimestre, le groupe confirme sa bonne santé. Sur les trois premiers mois de l’année, le motoriste a enregistré un bond de plus de 27% de ses ventes à 529 millions d’euros, et de près de 12% de son Ebitda ajusté.
Safran n’a jamais caché son intérêt pour Avio, «mais avec une attention très, très serrée, en particulier sur le plan de la valeur», déclarait en février dernier, Jean-Paul Herteman, PDG de Safran. Le groupe français a même essayé, sans succès de s’associer à GE pour faire une offre sur Avio. Les deux industriels contribuent à la moitié de l’activité d’Avio.
Alors qu’un prix de 3 à 4 milliards d’euros a circulé dans la presse italienne ces derniers mois, certains analystes estiment qu’une valeur de 3 milliards serait plus proche des multiples du secteur. En mars dernier, Banca Akros valorisait la part de Finmeccanica 285 millions d’euros, soit 2 milliards pour l’ensemble d’Avio. Avec la dette, la valeur d’entreprise du motoriste italien ressort ainsi à 3,4 milliards.
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