Avec le scandale « News of the World », Rupert Murdoch voit s’éloigner BSkyB
Donné pour quasi certain en mars moyennant quelques concessions, le rachat du groupe de télévision satellitaire BskyB par Rupert Murdoch pour près de 10 milliards d’euros, semblait hier pour beaucoup compromis. Le scandale autour des écoutes téléphoniques du quotidien News of the World appartenant à Rupert Murdoch, a ainsi obligé le gouvernement à contrer l’offre d’achat de l’homme d’affaires sur les 61% du capital de BSkyB que son groupe News Corp ne détient pas encore. En tout état de cause, le vice-premier ministre britannique Nick Clegg qui s’exprimait sur la BBC, a exhorté Rupert Murdoch à renoncer à son objectif.
Alors que le feu vert gouvernemental semblait imminent il y a une semaine encore, l’affaire semblait donc singulièrement compromise hier pour Rupert Murdoch, lequel a débarqué à Londres dimanche pour essayer de calmer la tourmente.
Dans ce contexte, l’action BSkyB semble frappée de malaise à Londres (-11,9% en deux séances) alors que l’action de News Corp à New York déclinait à peu près dans les mêmes proportions. C’est que l’enjeu financier n’est pas mince pour l’homme d’affaires australo-américain. Il s’agit même d’une de ses plus grosses acquisitions en perspective avec un groupe de médias ayant indiqué disposer (L’Agefi du 15 juin 2011) de 8,2 milliards de dollars de liquidités au 31 mars.
Un pactole qui serait aujourd’hui près de s’envoler selon Alex GeGroot, un analyste cité par Reuters pour lequel l’affaire serait «tout simplement à l’eau». Un avis que ne partageait pas hier Thomas Singlehurst, un autre analyste interrogé par Reuters qui maintenait que seule la question du calendrier pouvait être débattue. A 80 ans, Rupert Murdoch n’a jamais eu la réputation d’un homme pouvant abandonner facilement.
Le gouvernement britannique, par le biais de son ministre de la culture Jeremy Hunt, a saisi deux instances de régulation, le régulateur des télécommunications, l’Ofcom, ainsi que la Commission de la concurrence. L’Ofcom a, entre autres légitimités, la possibilité de se prononcer sur le caractère «convenable» de l’opérateur actuel de BSkyB, James Murdoch, au regard du scandale lié à News of the World. Et l’avis du régulateur pourrait prendre plusieurs mois. Ce qui laisse objectivement du temps à Rupert Murdoch pour retourner la situation en sa faveur.
Plus d'articles du même thème
-
Elliott IM met en garde contre un marché baissier d’ampleur
La société de hedge funds Elliott Investment Management compare l'état actuel des marchés, marqués par une prise de risque alimentée par l’endettement et une frénésie autour des nouvelles technologies, aux Années folles qui ont précédé la Grande Dépression. « À l’heure actuelle, pratiquement tous les signaux d’alarme annonçant un marché baissier d’ampleur sont au rouge », écrit la société, qui gère 80 milliards de dollars, dans une lettre aux investisseurs d’octobre consultée par le Wall Street Journal. -
Raphael Arndt (Future Fund australien) : « Nous sommes devenus plus sophistiqués ».
Le fonds souverain d’Australie vient de célébrer ses 20 ans avec un rendement annuel à deux chiffres. Créé en 2006 pour renforcer la situation financière à long terme du Commonwealth, le Future Fund constitue aujourd'hui le plus important actif financier du gouvernement australien, explique son directeur général, Raphael Arndt. -
Michelle Ostermann rejoint Standard Life comme directrice des investissements
L’ancienne directrice générale du Pension Protection Fund britannique dirigera aussi l’activité de solutions de retraite de Standard Life.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Guerre ou diplomatie : face à l'Iran, Donald Trump brouille les pistes
La menace d'une attaque américano-israélienne après les midterms est plus forte que jamais, mais le président américain assure désormais vouloir temporiser -
Fight, fight, fightMidterms : pourquoi rien n'arrêtera Donald Trump
Perdre le Congrès rendra-t-il le président des Etats-Unis plus faible ? Rien n’est moins sûr. Son tempérament, ses leviers et l'absence d’enjeu électoral devraient plutôt l'encourager au combat -
Voie sans issue« Ils ne tiennent plus le manche » : le budget de Sébastien Lecornu s’enfonce dans l’impasse
Avec la stagnation de l’économie française, même le délicat scénario des ordonnances ne suffira plus à réduire le déficit à 5 % du PIB en 2027, malgré 43 milliards d’efforts. Bercy mise encore sur un accord de non-censure après un 49.3