Auchan n’aura pas à se refinancer avant l’été 2014
Même pour Auchan, l’appel au marché de la dette devient plus onéreux. Le distributeur alimentaire vient d’émettre 600 millions d’euros à cinq ans (décembre 2016) pour un coupon de 3%, avec un spread de 100 points de base (pb) au-dessus du mid-swap. Auchan a donc dû offrir une prime de 43 pb par rapport aux niveaux secondaires du groupe avant l’annonce. «Cette prime est en ligne avec celles récemment offertes sur d’autres émissions», note l’analyse crédit de Natixis. Toutefois, avant les récentes inquiétudes sur la note de la France, «les émissions comparables se traitaient avec une prime limitée, entre 15 et 30 points de base», confie un intervenant.
Pourtant, l’opération a été sursouscrite 2,5 fois, avec une demande de 1,5 milliard d’euros émanant de 155 établissements pour un ticket moyen de près de 10 millions d’euros, signe de l’attrait des investisseurs pour une telle signature. D’ailleurs, la levée s’est réalisée en haut de la fourchette indicative de 500 à 600 millions d’euros et au milieu de la fourchette de prix de 95 à 105 points de base. L’émission a été conduite par BNP Paribas, Natixis, Santander et SG CIB. Elle a été souscrite à hauteur d’un tiers par les investisseurs français, suivis par les allemands (25%) et les acteurs du Benelux (23%). Les gestions britanniques et irlandaises n’ont pesé que pour 5%, contre 7% pour les suisses. En termes de typologie d’investisseurs, les gestions ont représenté près des trois quarts de la demande (71%), devant les assurances (24%) et les banquiers (5%).
Quoi qu’il en soit, Auchan, mieux noté que ses concurrents – «A» avec perspective stable par S&P – paye moins cher qu’eux. Mi-octobre, Carrefour, noté «BBB+» avait émis 500 millions à sept ans en payant 285 points de base. Fin septembre, Casino, noté «BBB-» avait levé 600 millions à cinq ans avec un spread de 260 points de base.
Début juin dernier, Auchan avait déjà émis 500 millions d’euros d’obligations de maturité octobre 2018, avec un spread limité à 55 points de base au-dessus des mid-swaps. Avec ces 500 millions et les 600 millions émis hier, «le groupe a refinancé la totalité de ses échéances 2012 et 2013, poursuit Natixis. La prochaine échéance obligataire d’Auchan n’est pas avant juillet 2014». Cette ligne est de 762,30 millions d’euros selon Bloomberg.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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