Atos Origin fait un pas de géant avec le soutien de Siemens
Nous créons un champion européen», s’est félicité hier soir Peter Löscher, président du directoire de Siemens, à l’occasion de l’annonce d’un partenariat stratégique avec Atos Origin. Avec pour fondation le rachat par le groupe français de la division de services informatiques du groupe allemand (Solutions and Services, SIS), pour 850 millions d’euros.
Le groupe diversifié allemand prendra dans ce cadre 15% du capital d’Atos, devenant ainsi le deuxième actionnaire du groupe derrière PAI Partners, qui est à 25%. A cette participation de 12,5 millions d’actions valorisées à 414 millions d’euros s’ajoutent l’émission d’obligations convertibles à cinq ans pour 250 millions d’euros ainsi qu’un versement en numéraire de 186 millions d’euros. Siemens s’est engagé à conserver les titres Atos pendant au moins cinq ans.
Il s’agit aux yeux du directeur général adjoint d’Atos Gilles Grapinet d’«une transaction majeure pour nous et pour le segment informatique européen». Certes, sur une base pro forma, le chiffre d’affaires de la nouvelle entité représente quelque 8,7 milliards d’euros, à comparer aux 5,1 milliards enregistrés par Atos Origin en 2009. Cette année-là, Capgemini, l’autre grand acteur français des services informatiques, avait fait état d’un chiffre d’affaires de 8,4 milliards d’euros.
Qui plus est, Siemens a indiqué avoir attribué à Atos un contrat d’infogérance de 5,5 milliards d’euros sur sept ans, selon lequel le groupe français sera chargé de la gestion de l’infrastructure informatique mondiale de Siemens.
Les deux groupes avancent que l’opération se traduira par la suppression de 1.750 postes dans l’effectif mondial de SIS. Siemens s’est engagé à financer les coûts d’intégration du nouvel ensemble à hauteur de 250 millions d’euros. Pour Atos en revanche, l’opération devrait avoir un effet relutif à court terme sur le bénéfice par action. A l’issue de l’acquisition de SIS, le groupe français prévoit de ramener son endettement à néant d’ici fin 2012. Pour 2013, le chiffre d’affaires d’Atos-SIS est estimé entre neuf et 10 milliards d’euros et la rentabilité entre 7% à 8%.
Interrogé par Reuters sur l’effet du rachat de SIS sur le mouvement de consolidation des services informatiques, Gilles Grapinet a estimé que l’opération allait «cristalliser la conviction qu’il faut accélérer l’industrialisation du secteur».
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