AstraZeneca va maintenant devoir justifier son opposition à Pfizer
L’opposition affirmée d’AstraZeneca a eu raison de l’insistance de Pfizer. Le groupe américain a officiellement renoncé hier en fin d’après-midi à son projet de rachat du laboratoire pharmaceutique britannique. La direction de Pfizer avait jusqu'à 17h00 heure de Londres pour présenter une offre ferme ou renoncer, conformément au droit britannique sur les offres publiques.
«Nous continuons de penser que notre dernière proposition était convaincante et qu’elle intégrait pleinement la valeur d’AstraZeneca sur la base des informations dont nous disposions», a regretté Ian Read, le PDG de Pfizer. Refusant de se lancer dans une offre hostile, le groupe américain, qui avait relevé à quatre reprises sa proposition, était prêt à débourser jusqu’à 118 milliards de dollars, environ 70 milliards de livres, soit un prix de 55 livres par action. Mais AstraZeneca avait fixé la barre à 58,85 livres par action pour que son conseil d’administration envisage d’ouvrir des négociations.
AstraZeneca a salué la décision de Pfizer et a réaffirmé sa volonté de conserver son indépendance. La direction du groupe va toutefois devoir convaincre une partie de ses actionnaires de sa capacité à créer autant de valeur que le prix offert par Pfizer. Plusieurs fonds, dont Schroders, ont regretté publiquement l’opposition inflexible de la direction de Pfizer. D’autres, comme BlackRock, premier actionnaire du laboratoire britannique, ont au contraire soutenu le rejet de la proposition à 55 livres par action tout en plaidant pour de nouvelles négociations à l’avenir.
Selon le code boursier britannique, AstraZeneca a la possibilité de prendre l’initiative de relancer les discussions avec Pfizer après un délai de trois mois. Pfizer, qui misait notamment sur cette opération pour réduire sa facture fiscale, devra pour sa part attendre six mois pour soumettre de lui-même une éventuelle nouvelle proposition. Les deux groupes pourraient donc continuer à discuter dans les prochaines semaines pour trouver un éventuel accord. Le temps aussi pour Pfizer de lever les dernières réticences de la classe politique britannique, inquiète des conséquences sociales du projet.
Les marchés boursiers, fermés hier à Londres et à New York, réagiront aujourd’hui à l’annonce de Pfizer.
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