Assystem veut accélérer ses acquisitions après la sortie du FSI
Dominique Louis, le président du directoire d’Assystem, s’apprête à tourner la page du Fonds stratégique d’investissement, sans amertume, mais sans regrets non plus. «Au moment où l’Europe à besoin de consolider son ingénierie pour la rendre plus compétitive à l’international, nous sommes plus à la recherche d’un actionnaire industriel que financier», explique le dirigeant à L’Agefi.
Les tentatives de rapprochement avec Egis, le bureau d’ingénierie en infrastructures de la Caisse des dépôts n’ayant jamais pu aboutir, Assystem a donc préféré reprendre son indépendance. D’autant que, même si «le FSI ne s’est jamais opposé à une opération», inversement, la présence indirecte de l’Etat au capital a pu constituer un obstacle pour certaines cibles étrangères.
Les deux tiers des actions du FSI seront repris via un programme de rachats d’actions qui sera lancé dans les trois mois suivant l’assemblée générale du 22 mai. L’opération coûtera environ 30 millions d’euros à Assystem, ce qui ne devrait pas trop entailler les capacités d’acquisition de la société. «Entre notre trésorerie et nos lignes de financement non tirées, nous disposons de près de 220 millions d’euros de disponibilités», calcule Gilbert Vidal, le directeur général délégué en charge des finances.
Avant un éventuel rapprochement industriel, l’objectif immédiat est de renforcer les positions de la société sur ses secteurs de prédilection, l’énergie et l’aéronautique, dont les perspectives de croissance à moyen terme n’ont jamais été aussi florissantes. «Ces deux secteurs ont devant eux vingt années de développement», s’enthousiasme Dominique Louis. Revers de fortune, «dans l’ingénierie pétrolière et gazière, métier connexe à notre activité historique dans le nucléaire, l’activité est tellement soutenue qu’aucune entreprise de taille intermédiaire n’est à vendre».
Le groupe regarde des sociétés de plus petite taille, d’une quinzaine de millions d’euros de chiffre d’affaires, en Asie ou au Moyen-Orient. Des acquisitions, dans l’aéronautique cette fois, sont également étudiées, aux Etats-Unis, à la fois pour suivre Airbus sur place mais aussi se rapprocher de Boeing et de ses sous-traitants locaux. La défense, secteur protégé de la concurrence des groupes d’ingénierie des pays à bas coûts, entre aussi dans le viseur d’Assystem.
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