Associé à son partenaire General Electric, Safran aurait les moyens d’acquérir l’italien Avio
Quelques semaines après avoir finalisé l’acquisition de la société américaine L-1, pour un montant de 1,09 milliard de dollars, Safran a ouvert un dossier d’une plus grande envergure encore, celui de l’italien Avio. Pourtant bien avancé - un prospectus a même été déposé à la Bourse de Milan le 5 août et six banques avaient été mandatées (Rothschild, Banca IMI, Deutsche Bank, JPMorgan, Morgan Stanley et Barclays Capital) - le projet de mise en Bourse du motoriste italien a été mis en sommeil à la suite des turbulences sur les marchés financiers.
Entré en 2006, et détenteur de 81% du capital, Cinven est logiquement vendeur. Si une mise en Bourse est inenvisageable actuellement, Avio intéresse en revanche tous les grands fabricants de moteurs. En plus de Safran, seraient également sur les rangs Rolls-Royce et l’allemand MTU. Selon la presse italienne, Safran aurait mandaté UBS et Mediobanca pour l’épauler. Le groupe ne fait aucun commentaire.
Safran et Avio se connaissent bien. Les deux groupes collaborent à parité au sein d’Europropulsion, une société qui fournit les moteurs à propergol solide du lanceur Ariane 5. Présent sur la quasi-totalité des grands programmes aéronautiques, civils et militaires, comme sous-traitant des fabricants de moteurs, Avio a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 1,75 milliard d’euros et un bénéfice d’exploitation de 170 millions d’euros. Mais en raison de sa dette (1,49 milliard fin 2010, 1,41 milliard fin juin 2011), et des charges financières associées (324 millions en 2010), Avio a essuyé une perte nette de 27 millions l’an dernier.
«En supposant que Safran paye 10 fois le résultat opérationnel, et en ajoutant la dette nette, l’opération pourrait représenter une valeur d’entreprise de 3,3 à 3,4 milliards d’euros», calculent les analystes de Cheuvreux. Safran pourrait financer l’opération conjointement avec son partenaire historique dans les moteurs d’avions, l’américain General Electric, via leur coentreprise CFM. Les analystes crédit de Tullett Prebon rappellent que Safran disposait à fin juin de 1,8 milliard d’euros d’actifs liquides et de trésorerie ainsi que de 2,4 milliards d’euros de facilités de crédit non tirées. Mais c'était avant le bouclage de l’acquisition de L-1, entièrement financée par la trésorerie.
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