Arkema profite de la démocratisation de la dette hybride
En road-shows lors de la tourmente des marchés la semaine dernière, la direction d’Arkema a connu quelques sueurs froides. Finalement, le groupe est parvenu à placer hier 700 millions d’euros de dette hybride. L’opération avait été annoncée le 19 septembre dernier. Elle vise à refinancer une partie de l’acquisition de Bostik. Doivent suivre une émission de dette obligataire «classique» de 500 à 600 millions et une augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription d’environ 350 millions.
Les titres hybrides ont été placés avec un coupon de 4,75%, avec une prime de subordination de l’ordre de 340 points de base par rapport à la dette senior comparable. La date de premier call a été fixée à 5 ans. Le coupon sera revisité par la suite en cas de non-exercice de l’option par Arkema. L’opération était dirigée par Natixis, avec BNP Paribas, CA CIB, Citi et SG CIB comme co-teneurs de livres.
«Il y a aujourd’hui une soixantaine de milliards d’euros de titres de ce type sur le marché ce qui facilite les comparaisons. L’instrument est standardisé, les méthodologies de notation des agences sont stables, ce qui contribue aussi à rassurer les investisseurs», indique Arnaud Mezrahi, co-responsable de la structuration des instruments hybrides chez SG CIB, pour expliquer l’appétit actuel des émetteurs pour ce type de dette. Elle présente l’avantage d'être comptablisée en fonds propres par les normes IFRS et à 50% par les agences, ce qui permet de protéger la notation.
A moins d’une nouvelle secousse sur les marchés, l’offre de titres devrait rester relativement nourrie. Les années 2015 et 2016 coïncident avec les dates des calls à 10 ans prévus dans les titres émis en 2005-2006 ou des calls à 5 ans de la dette placée en 2010-2011. Les émetteurs qui voudront exercer ces options de rachat devront refinancer leurs lignes.
Véritablement ouvert pour les émetteurs non financiers depuis 2012, le financement en dette hybride s’est depuis fortement démocratisé. «Le marché est ouvert pour la plupart des émetteurs, dans des secteurs très diversifiés et avec des notation très variées. Areva est ainsi le premier groupe à placer de la dette hybride notée B», indique Arnaud Mezrahi. Le groupe de centrales nucléaires a débuté les road-shows en début de semaine.
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