Areva fait le grand ménage dans ses comptes
C’est l’heure du grand oral pour Luc Oursel. Le président du directoire d’Areva doit présenter aujourd’hui au conseil de surveillance et au personnel son plan d’action stratégique dans l'ère post-Fukushima. Des économies, sans suppressions de postes en France, vont être annoncées. Et d’un point de vue comptable, le tableau de la situation que le successeur d’Anne Lauvergeon s’apprête à brosser n’est guère reluisant. L’exercice 2011 va solder par des charges douloureuses.
«Je vous confirme qu’Areva annoncera des pertes», a anticipé hier le ministre de l’Industrie, Eric Besson. «Elles sont vraisemblablement importantes», a-t-il ajouté, tout en se refusant à livrer des chiffres précis. L’Etat détient près de 87% du capital du groupe nucléaire public. Selon le Journal du Dimanche (JDD), Areva devrait dévoiler une perte nette comprise entre 1 milliard et 1,5 milliard d’euros sous le poids de dépréciations d’actifs massives.
Les provisions s'élèveraient ainsi pour 2011 à un niveau proche de 2,5 milliards d’euros - un montant plus de deux fois supérieur à celui envisagé jusqu'à présent - dont 1 milliard provenant «de réajustement de valeurs portant sur une vingtaine d’activités». Le JDD évoque notamment une provision de 150 millions d’euros sur le chantier de l’EPR d’Olkiluoto en Finlande. Celui-ci a déjà entraîné la comptabilisation de huit provisions pour un total de 2,6 milliards d’euros.
Le solde, soit 1,5 milliard d’euros, toucherait UraMin, dont les actifs en Namibie (mine d’uranium de Trekkopje), en Centrafrique et en Afrique du Sud, n’ont pas produit les résultats escomptés. Toujours selon le JDD, le conseil de surveillance d’Areva «devrait pousser la constitution d’un comité spécial chargé d’examiner les conditions d’acquisition et d’exploitation d’UraMin». La commission des Finances de l’Assemblée nationale s’est déjà saisie du sujet via une mission d’enquête.
Dans ce contexte à haute tension, l’annonce faite vendredi de la signature d’un contrat de 600 millions d’euros avec EDF apporte une touche de réconfort. Areva va assurer la rénovation des systèmes de contrôle-commande de la sûreté pour vingt réacteurs nucléaires. Les travaux, dont la première tranche débutera en 2015, se dérouleront au sein de huit centrales françaises.
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