Areva a besoin de financements multiples pour s’en sortir
Areva a l’habitude des longs chantiers. Philippe Varin, le président du conseil d’administration, et son directeur général, Philippe Knoche, ont ouvert celui qui s’annonce comme le plus crucial pour l’avenir du groupe de nucléaire. Dans une situation proche de celle qu’a pu connaître Peugeot récemment, Areva va mener de front une restructuration opérationnelle profonde et une remise à plat de ses finances.
Comme l’a reconnu hier Philippe Knoche, les deux sujets sont imbriqués : «nous n’excluons aucune mesure pour renforcer nos fonds propres, mais toutes devront avoir un sens opérationnel».
La direction d’Areva a promis que la majorité des efforts sera assurée par la société, via le milliard d’euros d’économies, la nouvelle compression des investissements et les cessions d’actifs pour un montant qui pourrait dépasser 450 millions d’euros. L’objectif est d’ajuster la structure de coûts, héritée du développement à marche forcée des années Lauvergeon, à un marché transformé par la catastrophe de Fukushima. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la base installée de centrales en Europe va stagner d’ici à 2030. «Or, il est difficile d’être compétitif à l’export quand vous ne pouvez pas vous appuyer sur votre marché domestique», explique le dirigeant d’un partenaire d’Areva.
Tous les regards se tournent donc vers EDF. D’autant qu’en plus de devoir faciliter la présence d’Areva dans ses bagages pour aider à la relance commerciale du groupe en Chine, principale source de croissance pour le nucléaire mondial, le producteur d’électricité pourrait être amené à ouvrir son carnet de chèques. «Les discussions avec EDF portent sur des points opérationnels (réacteurs, grands carénages…). S’il devait y avoir des discussions capitalistiques, elles interviendront dans un second temps», a indiqué Philippe Knoche.
L’intervention d’EDF ne suffira pas. Fin 2014, les capitaux propres consolidés d’Areva étaient négatifs de 673 millions d’euros pour une dette nette de 5,8 milliards d’euros. Et il est probable que l’écart se creuse encore plus d’ici à 2018, année du retour promis d’Areva à l’autofinancement, ce qui n’est plus arrivé depuis 2005.
En plus de «partenariats incluant un volet capitalistique», Philippe Knoche a évoqué la levée de «financements au niveau opérationnel», à l’image de ce qui a pu être fait l’an dernier avec l’usine George Besse 2. Le plan de financement sera détaillé vers la fin du premier semestre.
Plus d'articles du même thème
-
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision. -
La perte abyssale de Volvo Cars le pousse à intensifier ses restructurations
Le constructeur suédois a lancé un nouveau plan d’économies de 5 milliards de couronnes, qui entraînera la perte de 2.500 emplois supplémentaires. -
« Nous gardons un biais positif sur les actions américaines »
Nicolas Laroche, Global Head of Advisory & Asset Allocation, UBP
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
Sur la brècheIsraël : l'ombre d'une reprise de la guerre avec l'Iran plane sur les élections
Impopulaire, Benjamin Netanyahu doit sa survie politique à l'image de chef de guerre qu'il a forgée au fil des années. Et il n'a pas renoncé à attaquer une nouvelle fois l'Iran, en pleine période électorale -
Fracture françaiseTrappes, de « République islamique » à symbole de l'antiracisme
La ville des Yvelines, endeuillée vendredi par un attentat raciste, se retrouve au centre de la bataille politique. Pour les uns, Trappes incarne le séparatisme islamiste ; pour les autres, elle est devenue un symbole de la lutte contre le racisme. -
DoctrineHenna Virkkunen : « L’Europe n'a pas besoin d'être la première sur les modèles d'IA les plus performants »
L'UE doit poursuivre « les investissements dans les modèles de fondation » et ne pas être « dépendante des modèles américains ou chinois », juge toutefois la vice-présidente de la Commission européenne lors d'une rencontre avec l’Opinion