Apple tente d’amadouer ses actionnaires en augmentant ses rachats d’actions
La domination sans partage d’Apple semble appartenir au passé. Si le groupe américain a réalisé sur le trimestre clos fin mars, le deuxième de son exercice comptable, un chiffre d’affaires de 42,3 milliards de dollars en progression de 11% et légèrement supérieur aux attentes des analystes, le plongeon de 18% de son bénéfice net à 9,55 milliards constitue une première depuis 10 ans. Bousculé par la pression concurrentielle grandissante exercée par Samsung, le groupe de Cupertino a vu sa marge brute chuter de 10 points en un an, à 37,5%.
Apple s’attend à un chiffre d’affaires de 33,5 à 35,5 milliards de dollars pour le trimestre en cours, contre un consensus légèrement supérieur à 39 milliards, tandis que sa marge brute serait comprise entre 36% et 37%, environ deux points en-dessous des attentes. Le directeur financier explique cette érosion de la marge par «des ventes plus élevées que prévu d’iPads, notamment dans sa version mini, qui sont moins rentables que d’autres produits comme l’iPhone». Il faut désormais attendre «la sortie de nouveaux produits qui devrait intervenir entre août et octobre prochains», commente Trip Chowdhry, managing director de Global Equities Research.
Afin d’apaiser ses actionnaires qui ont vu le cours de Bourse d’Apple chuter de près de 40% depuis septembre dernier, le groupe va relever à 60 milliards de dollars le montant de ses rachats d’actions, contre 10 milliards annoncés jusqu’ici. Il va également verser au cours des 12 prochains mois 11,5 milliards de dollars de dividendes. Il prévoit au total de porter la rémunération de ses actionnaires à 100 milliards d’ici fin 2015, soit le double du montant auparavant envisagé.
Pour financer son programme de rachats d’actions, le groupe, dont la trésorerie atteint 145 milliards de dollars, a annoncé qu’il allait «avoir recours à l’emprunt», ajoutant qu’il fournirait plus de détails sur ce sujet dans un proche avenir. Sa note de crédit est AA+ chez S&P et Aa1 chez Moody’s, le deuxième meilleur rating des entreprises en catégorie «investissement». S&P précise qu’une révision à la hausse de cette note «est rendue difficile par des conditions de marché très concurrentielles et en évolution rapide», tandis que Moody’s serait disposé à relever la sienne si un changement dans la législation fiscale américaine permettait au groupe de rapatrier la plus grande partie de sa trésorerie détenue à l’étranger.
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