Apollo va laisser à Bpifrance les commandes du capital de Constellium
Bringuebalé de fusions-acquisitions en restructurations, Constellium, le groupe d’aluminium bâti sur les restes de l’ex-fleuron de l’industrie française Péchiney, va retrouver un actionnaire de référence français, qui plus est public, en l’occurrence Bpifrance. Le fonds Apollo Management, premier actionnaire de Constellium depuis le rachat début 2011 d’Alcan EP auprès de Rio Tinto, a officialisé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) sa volonté de quitter le capital. Apollo détient encore 35,8% de Constellium, devant les 12,2% de Bpifrance et les 7,6% du fonds de pension Ontario Teachers. Rio Tinto a déjà vendu sa part résiduelle de 27,5% l’an dernier.
Selon le formulaire F-1 transmis lundi à la SEC, Apollo dispose de trois mois pour céder sa part. Il peut, s’il le souhaite, conserver une partie de son bloc à l’issue de cette période. Le placement devrait se faire en plusieurs étapes à un prix maximum de 24,2 dollars par action, soit une décote de 4,3% par rapport au cours de clôture de lundi soir.
Apollo profite de l’envolée de 70% du cours de l’action depuis son introduction en Bourse à New York pour s’alléger dans de bonnes conditions. La vente du bloc dans sa totalité rapporterait un peu moins de 909 millions de dollars au fonds d’investissement américain. Il avait déjà récupéré environ 225 millions de dollars lors de l’introduction en Bourse de Constellium en mai 2013. Son investissement se révèle largement payant: le fonds avait mobilisé environ 450 millions d’euros de fonds propres pour racheter 51% du capital d’Alcan EP en 2011, sans dette.
Bpifrance, présent au capital depuis le rachat d’Alcan EP en 2011 et qui avait profité des conditions de marché difficiles dans lesquelles s’était déroulée l’introduction en Bourse pour se renforcer, ne cédera aucun titre. L’ex-FSI a l’intention de maintenir son action dans les instances de gouvernance de Constellium.
La sortie annoncée d’Apollo, et la position d’actionnaire de référence de Bpifrance qui en découle, reposent la question de la cotation du groupe à New York. Celle-ci avait fait grincer des dents l’an dernier à Paris, alors que la quasi-totalité des actifs de l’ex-Pechiney se trouve en Europe, dont en France. Un cas qui devrait alimenter le débat au moment où la Place tente de se mobiliser pour l’avenir d’Euronext et plus généralement pour le financement des entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises.
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