Anglo American met fin à dix mois de litige avec Codelco concernant sa filiale chilienne

Pour 2,8 milliards de dollars payés en numéraire, le groupe minier cédera 29,5% de sa filiale AAS au groupe public Codelco allié à Mitsui
Yves-Marc Le Reour

Après une confrontation de plus de dix mois, Anglo American a trouvé un accord avec la compagnie publique chilienne Codelco concernant l’avenir de sa filiale locale Anglo American Sur (AAS). Le conflit avait débuté en octobre dernier, lorsque Codelco avait annoncé avoir obtenu un financement de Mitsui pour faire jouer une option d’achat sur 49% du capital d’AAS, en vertu d’un accord de 1978.

Mais le groupe minier anglo-sud-africain avait, un mois plus tard, cédé 24,5% de sa filiale à Mitsubishi pour 5,4 milliards de dollars. Ce prix valorisait AAS à un niveau deux fois plus élevé que celui de l’option détenue par Codelco. Ce dernier avait donc saisi la justice chilienne pour faire valoir ses droits, avant de privilégier depuis juin un règlement à l’amiable.

L’accord conclu entre les différentes parties prévoit que Codelco et Mitsui prennent, à travers une coentreprise, une participation de 29,5% dans AAS pour 2,8 milliards de dollars payés en numéraire à Anglo American. De son côté, celui-ci réduira sa participation de 75,5% à 50,1% dans sa filiale chilienne qui exploite la cinquième plus grande mine de cuivre mondiale. Si cette mine de Los Bronces avait produit 221.400 tonnes de cuivre en 2010, l’extraction atteindrait 400.000 tonnes par an dès cette année grâce à des travaux d’expansion achevés fin 2011.

Codelco verra ainsi sa production annuelle de cuivre «augmenter de 115.000 tonnes supplémentaires, confortant son statut de plus grand producteur de cuivre mondial», s’est félicité son directeur général Thomas Keller. En évitant de céder 49% de sa filiale au prix prévu par le contrat d’option, «Anglo American a généré un gain de 2,3 milliards de dollars», ont calculé les analystes d’UBS. Le groupe minier, qui gardera le contrôle de sa filiale, compte affecter les fonds reçus à ses besoins de financement généraux.

Cette transaction survient au bon moment, Anglo-American ayant été pénalisé comme ses homologues par un effet de ciseaux entre la hausse de ses coûts de production et la baisse du cours des matières premières. Ceci s’est traduit par une chute de 70% de son bénéfice net semestriel à 1,2 milliard de dollars.

Il a par ailleurs finalisé la semaine dernière le rachat de 40% de De Beers pour 5,2 milliards de dollars, portant à 85% sa participation dans le premier producteur mondial de diamants.

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