Anglo American limite à 4 milliards de dollars sa dépréciation au Brésil
La dépréciation après impôts de 4 milliards de dollars qui sera enregistrée au quatrième trimestre 2012 par Anglo American sur son projet d’extraction de mine de fer de «Minas-Rio» au Brésil se situe dans la fourchette basse des prévisions du consensus. Cette provision comptable témoigne néanmoins de la forte dérive des coûts afférents à ce projet pour lequel le groupe avait payé en 2008 un ticket d’entrée de 5,1 milliards.
Alors que les investissements avaient initialement été estimés à 2,6 milliards, ceux-ci pourraient en fait atteindre «8,8 milliards de dollars au cas où le groupe utilise en totalité la provision de 600 millions constituée pour faire face à des hausses potentielles de coûts».
Ces dérapages sont dus à l’augmentation des prix du foncier et des licences d’exploitation, à l’inflation des coûts dans la construction et au retard pris dans l’expédition des premières tonnes de minerai, avec une mise en production désormais prévue fin 2014. «Nos principaux défis sont d’ordre logistique et réglementaire», a souligné le directeur général sortant Cynthia Carroll. Ces déboires successifs ont d’ailleurs conduit celle-ci à annoncer en octobre dernier qu’elle allait quitter son poste. Elle sera remplacée à partir d’avril par Mark Cutifani, directeur général du groupe sud-africain AngloGold Ashanti. Cela n’a pas empêché la dirigeante de réaffirmer «sa confiance dans l’intérêt et le positionnement stratégique à moyen et long terme de Minas-Rio».
«Cet actif a été une déception permanente (...) et je pense qu’une telle dépréciation était largement attendue», résume Sam Cataleno, analyste chez Nomura. Le projet, qui devrait à terme augmenter d’au moins 55% la production totale de minerai de fer d’Anglo American, est censé générer un excédent brut d’exploitation de 2,5 milliards de dollars avec un cours du minerai de 120 dollars la tonne. Le groupe a récemment annoncé une baisse de sa production de minerai de fer au quatrième trimestre 2012, suite à de nombreuses grèves déclenchées dans des filiales sud-africaines qui ont notamment entraîné une chute de 19% de la production de son site de Kumba.
Les investisseurs ont néanmoins semblé être soulagés par une révision en hausse plus modérée que prévu des investissements industriels. L’action Anglo American a ainsi grimpé de 3,1% à 1.930 pence hier sur le marché londonien.
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