Amazon tourne autour de la distribution française
Après les rumeurs, les faits. Alors que les noms de Carrefour et de Casino étaient cités, les distributeurs Leclerc et Système U ont publiquement confirmé avoir été approchés par Amazon. Si Système U répète ne pas avoir donné suite, son concurrent, numéro un français de la distribution alimentaire, y réfléchit. Son président Michel-Edouard Leclerc a répondu qu’«Amazon pourrait, pourquoi pas, devenir notre logisticien», en marge d’une conférence sur la consommation. Leclerc propose déjà des casiers de livraison destinés à Amazon dans plusieurs magasins.
L’intérêt d’Amazon pour le marché français est connu. Il a annoncé en février la création de 1.500 emplois cette année, a inauguré mardi son cinquième centre de logistique et en prévoit un sixième pour 2018. De même, son ambition pour le commerce physique n’est plus un secret depuis qu’il a acquis en juin, pour 13,9 milliards de dollars, le distributeur bio américain Whole Foods.
Dans un entretien à Ouest France daté du 3 octobre, Serge Papin, le PDG de Système U, indiquait que «tout le monde avait été approché» par Amazon et affirmait déjà son refus d’un accord. Le e-commerçant «voudrait avoir des points pour installer des ‘casiers’ pour ses colis. Il cherche aussi un distributeur, qui pourrait lui servir de back-office, si possible une marque», détaillait Serge Papin.
La stratégie d’Amazon, qui ne commente pas, paraît ouverte. En Europe, le groupe a conclu en 2016 un accord de livraison avec Dia en Espagne. Faute d’accord en France, Amazon y pratique des prix élevés dans l’alimentaire, alors que son offre en la matière va crescendo depuis son lancement en juin 2016.
Les manœuvres d’Amazon ont tourneboulé le secteur en Bourse. Après des hausses respectives de 2,7% et 4% de Carrefour et de Casino mardi sur des rumeurs d’acquisition par Amazon, les deux valeurs ont chuté de 1,8% et 3,1% hier. La confirmation de discussions avec Leclerc a pu provoquer une déception. En outre, acquérir Carrefour paraît finalement peu probable étant donné les difficultés rencontrées par le distributeur français.
«Le modèle de pure-player, qu’il soit digital ou physique, est obsolète et structurellement peu rentable [...]. Des rapprochements capitalistiques ne sont pourtant pas strictement nécessaires, du moins dans un premier temps. Des partenariats, plus souples, peuvent faire figure de test et de plate-forme d’apprentissage», estime l’analyse crédit de Natixis. Amazon promet quoi qu’il en soit encore des désagréments aux distributeurs français, peu en avance dans l’e-commerce.
Plus d'articles du même thème
-
Les investisseurs allemands misent déjà sur l'après-guerre
Porté par l'espoir d'une fin prochaine du conflit en Iran et d'un reflux des prix de l'énergie, l'indice ZEW a fortement rebondi en juin, repassant en territoire positif. -
Le gouvernement annonce 655 millions d’euros d’investissements supplémentaires dans l’IA
Dans le même temps que cette annonce, le renseignement intérieur français (DGSI) a décidé de rompre son contrat avec le controversé géant américain de l'analyse de données Palantir pour retenir la société tricolore ChapsVision. -
STMicroelectronics profite de son embellie boursière pour emprunter 1,5 milliard de dollars
Le fabricant de semi-conducteurs, qui a vu son cours de Bourse multiplié par plus de deux en moins de trois mois, utilisera une partie de ces fonds pour rembourser une tranche d'obligations convertibles.
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Gentleman parfumeur et agriculteur
Aurélien Guichard, nez et cultivateur, a choisi, à travers sa marque Matière Première, de produire des fragrances du champ… au flacon. -
In folioAlexandre Guy : la course du rat
Les romans qui mettent en scène un médecin sont légion, ceux qui racontent la glissade d’un personnage en crise aussi. Autant dire qu’Alexandre Guy, en s’aventurant sur ce terrain encombré, n’a pas choisi la facilité. Il s’en sort en dosant parfaitement ses effets -
Le « Brinkmanship », ou le risque du jusqu’au-boutisme en relations internationales
À Evian, Trump brandit la menace tarifaire en pleine négociation sur Ormuz tandis que la Russie attaque Kiev. En relations internationales, « politique de la corde raide » a ses adeptes