Altran finira 2011 dans le rouge après la cession d’Arthur D. Little
En vente depuis le début de l’année, Arthur D. Little (ADL), la division de conseil en stratégie d’Altran, trouve enfin un repreneur. Sa maison mère vient en effet de signer un protocole d’accord, au travers d’un MBO (rachat par les dirigeants), qui devrait être finalisé avant la fin de l’année. Après avoir approché plusieurs cabinets de conseil, sans succès, cette solution – «la moins favorable» selon Natixis – semblait la dernière possibilité pour Altran.
En revanche, le groupe sera loin d’empocher les 70 millions d’euros qu’il espérait de la cession d’ADL. Un prix que Philippe Salle, PDG depuis juin, s’est refusé à dévoiler se contentant de préciser qu’il était «positif». Un prix inférieur à 20 millions d’euros pour Gilbert Dupont, et de 15 à 20 millions pour CM-CIC.
Selon Le Figaro, Altran consentirait un prêt aux managers d’ADL pour qu’ils en financent la reprise. Pour sécuriser cet engagement, la propriété de la marque – valorisée 32 millions d’euros dans les comptes – resterait à Altran jusqu’au remboursement. «Le cash out devrait être limité (10 millions d’euros ?) et la filiale peut, selon nous, trouver une partie des ressources dans la réduction d’un BFR anormalement élevé», note Oddo.
Cette vente entraînera des dépréciations supplémentaires. «Il y a encore à peu près 60 millions d’euros de dépréciations à passer», ajoute Philippe Salle. Une estimation en ligne avec les 50 à 60 millions anticipés par les analystes.
Altran prévient ainsi qu’il enregistra une perte nette au second semestre et sur l’ensemble de l’exercice. Le consensus Bloomberg espère encore un résultat net de 52 millions cette année. Néanmoins, la vente d’ADL permettra enfin à Altran de passer à une nouvelle étape dans sa stratégie de recentrage, avant une seconde opération qui interviendra en décembre, a déclaré Philippe Salle sans donner davantage de précisions.
Avec une perte opérationnelle courante de 10 millions d’euros en 2009 et de 4,7 millions l’an dernier, ADL pèse lourdement sur les comptes d’Altran. Le groupe de conseil a dévoilé hier un chiffre d’affaires trimestriel de 361 millions d’euros, en hausse de 4,7% malgré une baisse de 5,1% de l’activité d’ADL, pour un taux de facturation de 83,8% (84,7% hors ADL). Pour le quatrième trimestre Altran anticipe toujours une croissance de ses activités, grâce à une demande «soutenue» des clients hors secteur financier.
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