En cotant son câblo-opérateur dans la foulée de sa filiale Numericable, Patrick Drahi dispose d’une monnaie d'échange pour ses acquisitions
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Olivier Pinaud
Patrick Drahi n’en fait pas un secret. L’introduction en Bourse de son groupe Altice, vendredi, à Amsterdam, vise clairement à donner une nouvelle puissance de feu au câblo-opérateur. «Notre groupe va regarder beaucoup d’acquisitions dans un grand nombre de pays», a lancé le président exécutif et premier actionnaire d’Altice, quelques minutes après avoir sonné la cloche synonyme de première cotation (+5,7% à la clôture).
Aucun nom de cible n’a été cité. Mais SFR, que Vivendi souhaite extraire de son périmètre dans le courant du premier semestre 2014, officiellement via une scission en Bourse, est la proie numéro un. «Nous étions concentrés jusqu’à présent sur l’IPO et nous n’avons pas eu de discussions récentes. Mais une fenêtre de négociations pourrait s’ouvrir dans les prochaines semaines», indique un proche de Patrick Drahi. Le magnat franco-israélien du câble a déjà tenté de racheter SFR fin 2012. Mais à l’époque, la structure de bilan de Numericable, le principal actif d’Altice, et celle de sa maison-mère ne permettaient pas une folie financière de plus de 10 milliards d’euros. «Les agitations à la tête de Vivendi ne facilitaient pas non plus les discussions», ajoute cette source.
Aujourd’hui, Vincent Bolloré a officiellement pris les choses en mains chez Vivendi avec un recentrage assumé vers les médias. Ensuite, grâce à la mise en Bourse de Numericable en 2013 et à celle d’Altice, Patrick Drahi dispose de moyens à la hauteur de son appétit. Les augmentations de capital des deux structures ont réduit les leviers d’endettement autour de 4 fois, une limite que ne souhaitent plus dépasser Numericable et Altice. En revanche, avec deux entités cotées, capitalisant 5,9 milliards d’euros pour Altice et 3,47 milliards pour Numericable, Patrick Drahi dispose d’une monnaie d’échange mieux valorisée que SFR. Avec la dette, les valeurs d’entreprise d’Altice et de Numericable représentent un peu moins de 10 fois l’Ebitda attendu pour 2014, quasiment deux fois plus que le multiple de SFR.
La semaine dernière, les analystes d’Exane BNP Paribas doutaient que Vivendi cède aux avances de Patrick Drahi avant la scission de SFR qui doit permettre de donner une valorisation plus claire de l’opérateur. Exane BNP Paribas l’estime à 15 milliards d’euros, dont 5,4 milliards de dette. Une masse importante pour l’ensemble Altice-Numericable qui nécessiterait une émission d’actions dans la limite de dilution que serait prêt à accepter Patrick Drahi.
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