Altice scelle un accord d’exclusivité pour le rachat de Portugal Telecom
Patrick Drahi n’a pas encore étanché sa soif d’acquisitions. Sa société Altice a annoncé hier soir avoir conclu un accord en vue du rachat des opérations au Portugal du groupe brésilien Grupo Oi pour environ 7,4 milliards d’euros. Les deux parties ont maintenant trois semaines pour boucler l’opération et accomplir les formalités d’usage. Altice a été préféré aux sociétés de capital investissement Apax et Bain qui avaient soumis une offre concurrente.
Le groupe va ainsi renforcer sa position au Portugal et ajouter un actif supplémentaire à son portefeuille dans le câble et le mobile qui n’a cessé de grossir ces dix dernières années. Altice, qui est notamment présent en France, en Israël et en République dominicaine, a bouclé la semaine dernière sa plus grosse acquisition avec le rachat par sa filiale Numericable du numéro deux français du mobile SFR.
Ce nouvel accord scelle de facto le démantèlement de la fusion compliquée entre Oi et le portugais Portugal Telecom , mise à mal en début d’année par les déboires financiers du groupe portugais dans le cadre du scandale qui a touché Espirito Santo. Altice possède déjà deux petits actifs dans le câble au Portugal. Le rachat de l’ancien monopole du pays va lui permettre de rivaliser avec Vodafone et Optimus.
Altice prévoit d’utiliser sa trésorerie existante et de lever de la dette pour financer l’opération. Son offre valorise Portugal Telecom à 7,4 milliards d’euros en cash et hors dette et inclut 500 millions d’euros de paiements additionnels conditionnés à la future génération de revenus de Portugal Telecom. La vente pourrait également avoir des répercussions sur la recomposition du marché des télécoms qui est en préparation au Brésil.
Oi discute avec des concurrents pour tenter de racheter et de scinder Tim Participacoes, le numéro deux local du mobile. Mais Oi doit vendre certains actifs pour alléger sa dette, qui représente environ 46 milliards de reals, et se doter de marges de manoeuvre financières. Une source directement au fait de la situation a déclaré à Reuters le mois dernier que Oi, Telefonica et America Movil travaillaient à une offre représentant 32 milliards de reals pour TIM, contrôlé à 67% par Telecom Italia avec l’objectif de se répartir par la suite entre eux ses activités.
Plus d'articles du même thème
-
«Le mouvement baissier sur les taux Bunds nous semble inéluctable, le débat porte sur le rythme»
Julien Petit, responsable de la gestion crédit & absolute return chez Arkéa AM. -
«Croissance et inflation limitent le potentiel de dépréciation du dollar à court terme»
Amélie Derambure, responsable de stratégies d’investissement multi-actifs chez Amundi. -
L'éducation financière est aussi une affaire de genre
Ce billet est issu de notre newsletter Ambitions dédiée aux femmes dans la finance.
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
- Berkshire Hathaway mise sur la promotion immobilière résidentielle
- Novobanco galvanise les ambitions de BPCE
Contenu de nos partenaires
-
Tour de visSécurité sociale : clap de fin pour le mythe de la gratuité des soins
Face à l’envolée des dépenses publiques, une « prise de conscience est indispensable », plaide le ministre des Comptes publics David Amiel -
Cote en hausseComment et pourquoi l'Ukraine regagne l'attention de l'administration Trump
Alors que Kiev a tiré parti du désengagement américain dans les négociations avec Moscou, Washington envisage de reprendre du service. Cette fois dans un rapport de force plus favorable à l'Ukraine -
Affaire Lyhanna : syndicalisation des magistrats, ENM... Edouard Philippe met les juges en accusation
« On a une matrice du système judiciaire qui n’est pas satisfaisante », a jugé samedi Edouard Philippe alors que la mort de Lyhanna suscite une énorme vague d'émotion