Altarea Cogedim négocie en douceur un virage dans le commerce en ligne

Au plus, l’OPA sur Rue du Commerce coûtera 95 millions d’euros au gérant de centres commerciaux. L’opération représente moins de 4 % de ses actifs
Olivier Pinaud

Face à l'étonnement, Alain Taravella, le président fondateur d’Altarea Cogedim, veut démontrer que le rachat du site internet Rue du Commerce (RDC) n’est pas le mariage de la carpe et du lapin. «Nous connaissons des enseignes, RDC en connaît d’autres», avance le dirigeant, ce qui permettra du marketing croisé. Créé en 1999 dans la vente de produits d’électronique, le site a depuis lancé une galerie commerçante, système qui pourrait ressembler à un centre commercial Altarea dématérialisé.

«Nos modes de rémunération sont proches, avec des loyers ou des commissions indexés sur le chiffre d’affaires du vendeur», appuie le président du troisième gérant de centres commerciaux en France. Enfin, «comment ne pas regarder un secteur qui va doubler de taille en cinq ans, encore plus dans un environnement de consommation difficile ?», ajoute Alain Taravella. Des arguments qui ont convaincu les grands actionnaires d’Altarea (Foncière des Régions, Prédica, ABP) de soutenir unanimement le projet lorsque le processus concurrentiel de cession de RDC a été ouvert.

Financièrement, le risque est limité pour la foncière, qui héritera au passage des 18 millions d’euros de trésorerie nette du site internet. Le rachat d’un bloc de 24,13% du capital aux fondateurs (12,34%) et à Apax (11,79%) coûtera 24 millions d’euros. L’apport par les dirigeants de RDC du solde de leurs actions au holding Altacom permettra de monter à 28,64% du capital. Et si l’OPA à 9 euros par action faisait l’unanimité auprès des minoritaires, Altacom devrait débourser 71,22 millions d’euros supplémentaires. L’opération est financée par un emprunt à la Société Générale à des «conditions d’avant crise», sourit Alain Taravella. Au total, l’opération représente moins de 4% des actifs d’Altarea.

Techniquement possible, une surenchère est peu probable. D’une part, l’achat du bloc et l’apport des titres à Altacom sont irrévocables. Un contre-attaquant partirait donc avec un handicap. Ensuite, les dirigeants de RDC détiendront 20% du holding et resteront aux manettes. Enfin, la réussite de l’OPA n’est soumise à aucune condition de seuil et Altarea compte maintenir la cotation de la cible. Vendredi, Parinvest, holding de la galaxie Rallye-Casino, détenteur de 10,08% du capital, entretenait le doute en ne faisant «aucun commentaire». Sa participation a néanmoins toujours été présentée comme un «placement financier».

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