Alstom se donne deux ans de plus pour atteindre son objectif de rentabilité

Le groupe français prévoit désormais une marge opérationnelle stable à 7,2% cette année. Elle devrait atteindre 8% à l’horizon mars 2017
Yves-Marc Le Reour

Les efforts d’optimisation des coûts entrepris par Alstom ne suffiront pas à assurer un redressement rapide de sa rentabilité dans un environnement économique jugé plus difficile. Alors qu’il pensait pouvoir porter sa marge opérationnelle à 8% sur son exercice finissant en mars 2015, le groupe français prévoit désormais une simple stabilité pour l’exercice 2013/2014, suivie d’une amélioration graduelle «pour atteindre environ 8% dans les 2 à 3 ans suivants», précise le PDG Patrick Kron.

La croissance organique du chiffre d’affaires devrait être «modeste» pour l’exercice en cours, en raison de volumes de ventes inférieurs aux attentes du groupe. Son concurrent Siemens, qui a récemment publié des résultats trimestriels jugés décevants par les analystes, anticipe pour sa part un repli «modéré» de son chiffre d’affaires sur une base organique cette année.

L’avertissement d’Alstom fait suite à une hausse de 10 points de base, à 7,2%, de sa marge opérationnelle durant l’exercice écoulé, contre un niveau de 7,5% prévu par les analystes. Si la rentabilité des turbines thermiques et du matériel de transport a poursuivi son rebond, celle du secteur Grid (transmission électrique) est restée stable. Quant à la marge des équipements destinés aux énergies renouvelables (hydroélectricité, éolien), elle a chuté de 250 points de base sur un an pour toucher «un point bas à 4,9%».

Bien qu’il ait progressé de 10% à 802 millions, le résultat net part du groupe, qui intègre 137 millions de charges de restructuration, est également ressorti 10% en dessous du consensus. Le groupe proposera lors de son assemblée générale du 2 juillet prochain de relever de 5% son dividende, à 0,84 euro par action, correspondant à un taux de distribution stable de 32%.

La bonne nouvelle concerne son cash flow libre, négatif à hauteur de 573 millions en 2011/2012, qui a atteint 408 millions d’euros l’an dernier grâce à un bon contrôle du BFR et «malgré le faible volume de contrats clés en main qui impacte le montant des avances clients». Ceci a contribué à faire baisser la dette nette de 6% à 2,34 milliards d’une année sur l’autre. Comme le flux net de trésorerie devrait rester positif au cours des prochains exercices, «le levier financier devrait donc continuer à se détendre, l’impact sur la notation du groupe (BBB chez S&P) étant plutôt positive à terme», estiment les analystes de Natixis.

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