Alstom optimise favorablement son bilan avec son projet d’OPRA
De nombreuses inconnues demeurent, dont la plus importante: le prix. Mais en annonçant la mise en œuvre prochaine d’une offre publique de rachats d’actions (OPRA) dont le montant serait compris entre 3,5 et 4 milliards d’euros, Alstom a choisi la meilleure solution pour retourner une partie du cash reçu de General Electric une fois vendus les actifs dans l’énergie.
«Une OPRA est plus transparente qu’un programme de rachats de titres au fil de l’eau et permet à tous les actionnaires de pouvoir y participer, sans discrimination», explique un analyste. Elle est également plus avantageuse fiscalement qu’un dividende exceptionnel, à la fois pour les actionnaires, notamment étrangers, et pour l’entreprise elle-même. Alstom évite ainsi la taxe additionnelle de 3% sur les dividendes créée par la loi de Finances rectificative de 2012.
Le prix de l’OPRA sera arrêté l’an prochain et devra être examiné par un expert indépendant. «La notion de fair value sera déterminante dans la fixation du prix», indiquent les analystes de Natixis. Alors que Bouygues, le premier actionnaire du groupe avec 29,29% du capital, a signé avec l’Etat une promesse de vente portant jusqu’à 20% du capital au prix de 35 euros par action, ce cours pourrait servir de référence. «Sur la base de la valeur du call de l’Etat sur la participation de Bouygues, le nombre de titres annulés s’élèverait dans une fourchette de 32% à 36% du capital actuel», calcule Natixis.
Dans leur action de concert, Bouygues et l’Etat se sont engagés à ne pas franchir le seuil de 30% du capital. Le groupe de BTP devra donc nécessairement participer à l’OPRA s’il ne veut pas voir sa participation mécaniquement accrue par l’annulation des titres qui suivra l’offre publique. La direction de Bouygues devrait préciser ses intentions aujourd’hui à l’occasion de la publication des résultats trimestriels.
Pour Alstom, «l’opération sera favorable car elle simplifie le groupe, ajuste le bilan de manière adéquate et permet de mieux mettre en évidence la valorisation exacte du transport ferroviaire», apprécie Oddo. Selon la Société Générale, après cette distribution plus importante qu’anticipé, Alstom disposera d’une trésorerie nette très légèrement positive, ce qui limitera le risque de voir le groupe se lancer dans une politique de fusions-acquisitions coûteuse.
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