Alstom emprunte une voie peu fréquente pour son augmentation de capital
En optant pour une augmentation de capital de 350 millions d’euros par placement privé sans droits préférentiels de souscription (DPS), Alstom a choisi une voie peu commune en France. Depuis l’adoption de l’ordonnance du 22 janvier 2009 allégeant les contraintes des levées de capitaux, rares sont les émetteurs français à avoir profité de ce dispositif, bien plus flexible qu’une augmentation de capital classique avec DPS. Seul Orpéa, en octobre 2009, avait procédé à une telle opération pour un montant de 62 millions d’euros. La pratique est beaucoup plus répandue en Grande-Bretagne et surtout aux Etats-Unis.
Pourtant, depuis l’ordonnance de 2009, une grande majorité d’émetteurs ont fait voter par leur assemblée générale une disposition permettant de lever des capitaux sans DPS. La procédure présente plusieurs avantages, dont une grande simplicité. La documentation réglementaire se limite à un simple prospectus lors de l’admission des nouvelles actions. La société est même dispensée de toute documentation si l’émission représente moins de 10% du capital.
Techniquement, l’opération est aussi rapide à mettre en œuvre que la vente d’un bloc de titres sur le marché: l’émetteur contacte plusieurs banques qui lui proposent en retour une fourchette de prix de vente des actions.
Dans le cas d’Alstom, les titres ont été placés en quelques heures. «Ce type d’opération évite également le risque de marché alors qu’une augmentation de capital avec DPS est ouverte plusieurs jours au cours desquels le cours de l’action n’est pas à l’abri de chocs éventuels», explique Thierry Olive, responsable du marché primaire chez BNP Paribas, l’une des quatre banques avec le Crédit Agricole, Natixis et la Société Générale à avoir travaillé sur la transaction Alstom.
Seules contraintes: le placement privé ne peut pas dépasser 20% du capital par an et la décote du prix de l’offre doit rester inférieure à 5%, sauf si l’assemblée générale a donné l’autorisation pour aller au-delà. La décote et la dilution, qui ne peuvent être compensées par le DPS, constituent d’ailleurs l’une des limites de l’opération. «Le placement privé convient pour des opérations d’une taille absolue de quelques centaines voire quelques milliards d’euros et représentant 10% du capital maximum. Au-delà, pour neutraliser la dilution, il est préférable de se tourner vers une augmentation de capital avec DPS», reconnaît Thierry Olive.
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