Allergan oppose une nouvelle fin de non-recevoir à Valeant
Le bras de fer continue entre Allergan et Valeant. La direction et le conseil d’administration du fabricant du Botox ont rejeté hier une nouvelle offre d’achat, la jugeant trop faible pour justifier l’ouverture de discussions. Cette proposition soumise début juin, d’une valeur globale de près de 54 milliards de dollars, faisait suite à deux premières tentatives, respectivement fixées à 45,7 milliards et 49,4 milliards de dollars. Elle comprenait une part en numéraire (72 dollars par action), une part en titres (0,83 action Valeant) et un certificat de valeur garantie.
Allergan a réitéré ses critiques à l’encontre du groupe canadien, dénonçant un modèle d’activité «non viable», ainsi que «des risques et des incertitudes significatives» pour les actionnaires. Le ton est même devenu acrimonieux. Le directeur général d’Allergan, David Pyott, a alerté sur «le manque de clarté entourant le reporting financier» de Valeant.
Soutien du groupe canadien, Pershing Square détient 9,7% du capital d’Allergan. Son gérant Bill Ackman a menacé début juin, en cas d’un énième refus, d’installer un nouveau conseil d’administration, nommé par les actionnaires, en vue de négocier la transaction. Une assemblée générale extraordinaire devrait être convoquée dans cette perspective. Le fonds alternatif a promis de renoncer à sa part en numéraire afin d’accroître la rétribution des autres actionnaires.
Ce dossier explosif révèle deux approches de développement opposées. D’un côté, Allergan met l’accent sur la croissance organique, avec un effort conséquent en matière de recherche et développement, et promet de générer par ce biais un taux de croissance annualisé de 20% sur les cinq prochaines années. De l’autre, Valeant veut continuer sur le chemin de la croissance externe et se hisser dans le top 5 des groupes pharmaceutiques au niveau mondial d’ici à la fin de 2016, après avoir réalisé près d’un millier d’acquisitions depuis 2008.
Selon David Maris, analyste chez BMO Capital Markets, la bataille pourrait se poursuivre en 2015. «Nous continuons à penser qu’Allergan a de nombreuses options, dont un rachat, un dividende, une alliance avec d’autres groupes ou encore tout cela à la fois», écrit-il dans une note à ses clients.
Plus d'articles du même thème
-
Le fonds BlueSpring de Bpifrance place son plus gros ticket dans N4 Group
Sept mois après son lancement, le fonds de 200 millions d’euros dédié aux petites capitalisations françaises compte trois participations et siège au conseil de chacune. -
Mubadala ouvre le capital de sa filiale de gestion alternative à Apollo
Le fonds souverain d’Abou Dabi, Mubadala Investment Company, reste majoritaire au capital de Mubadala Capital, qui accueille Apollo en actionnaire minoritaire. -
Les ETF ont collecté 2.240 milliards de dollars dans le monde depuis le début de l’année
L’industrie mondiale des fonds indiciels cotés affiche des encours de 23.910 milliards de dollars fin septembre 2026, d’après les données d’ETFGI.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
Simple, vraiment ?Le parcours semé d’embûches du droit européen des affaires
Les institutions européennes tentent de faciliter la vie des entreprises, mais la simplification est un exercice complexe -
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat