Allergan oppose une nouvelle fin de non-recevoir à Valeant

Le fabricant du Botox juge la dernière proposition du canadien toujours insuffisante. Pershing, soutien de Valeant, veut convoquer une AGE
Antoine Duroyon

Le bras de fer continue entre Allergan et Valeant. La direction et le conseil d’administration du fabricant du Botox ont rejeté hier une nouvelle offre d’achat, la jugeant trop faible pour justifier l’ouverture de discussions. Cette proposition soumise début juin, d’une valeur globale de près de 54 milliards de dollars, faisait suite à deux premières tentatives, respectivement fixées à 45,7 milliards et 49,4 milliards de dollars. Elle comprenait une part en numéraire (72 dollars par action), une part en titres (0,83 action Valeant) et un certificat de valeur garantie.

Allergan a réitéré ses critiques à l’encontre du groupe canadien, dénonçant un modèle d’activité «non viable», ainsi que «des risques et des incertitudes significatives» pour les actionnaires. Le ton est même devenu acrimonieux. Le directeur général d’Allergan, David Pyott, a alerté sur «le manque de clarté entourant le reporting financier» de Valeant.

Soutien du groupe canadien, Pershing Square détient 9,7% du capital d’Allergan. Son gérant Bill Ackman a menacé début juin, en cas d’un énième refus, d’installer un nouveau conseil d’administration, nommé par les actionnaires, en vue de négocier la transaction. Une assemblée générale extraordinaire devrait être convoquée dans cette perspective. Le fonds alternatif a promis de renoncer à sa part en numéraire afin d’accroître la rétribution des autres actionnaires.

Ce dossier explosif révèle deux approches de développement opposées. D’un côté, Allergan met l’accent sur la croissance organique, avec un effort conséquent en matière de recherche et développement, et promet de générer par ce biais un taux de croissance annualisé de 20% sur les cinq prochaines années. De l’autre, Valeant veut continuer sur le chemin de la croissance externe et se hisser dans le top 5 des groupes pharmaceutiques au niveau mondial d’ici à la fin de 2016, après avoir réalisé près d’un millier d’acquisitions depuis 2008.

Selon David Maris, analyste chez BMO Capital Markets, la bataille pourrait se poursuivre en 2015. «Nous continuons à penser qu’Allergan a de nombreuses options, dont un rachat, un dividende, une alliance avec d’autres groupes ou encore tout cela à la fois», écrit-il dans une note à ses clients.

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