Allemagne et France poussent le marché automobile dans le précipice
Les marchés allemand et français ont soutenu un nouveau repli marqué du marché automobile européen le mois dernier. La chute atteint 10,2% au sein des Vingt-Sept, à 1,3 million d’unités, selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea), les voisins rhénans concédant des reculs de respectivement 17,1 et 16,2%.
Ce dix-huitième mois consécutif de baisse sur fond de récession porte le repli à 9,8% sur le premier trimestre 2013. Seul le Royaume-Uni est en hausse parmi les principaux marchés (+7,4% sur trois mois), devenant le principal marché en mars.
«L’Allemagne semble être en chute libre», s’alarme l’analyste Max Warburton chez Sanford C.Bernstein, qui estime qu’à ce rythme le marché d’Europe occidentale est en passe d’afficher cette année un niveau de ventes inédit depuis vingt ans. Spécialiste du secteur chez Ernst & Young, Peter Fuss table sur un repli de 7% en 2013, après que le volume d’immatriculations est tombé en 2012, sixième année consécutive de recul, à un plus bas depuis 1995 à 12 millions d’unités.
Les industriels font vœu de prudence, comme en témoignent les annonces de fermeture d’usines ainsi que l’avertissement lancé début avril par le patron de Fiat Sergio Marchionne: «la dégradation du marché se poursuit jour après jour et, pour la première fois, je n’en perçois pas la fin». Reuters rapporte pourtant de sources du secteur que les incitations commerciales à l’achat ont progressé de 13% sur les deux premiers mois de l’année à près de 2.400 par véhicule.
Si les analystes de Natixis «pens(ent) que la situation devrait être moins négative dans les mois à venir», ils n’en abaissent pas moins leur prévision de baisse annuelle de 1,1 point à -5,1%.
Responsable de Hyundai pour l’Europe, Allan Rushforth veut de son côté croire qu’une amélioration de la confiance du consommateur pourra soutenir une progression des ventes au second semestre 2013. Certes, la marque du constructeur sud-coréen est de celles qui affichent encore une relative résistance, avec un repli de 4,2% sur le premier trimestre, sa filiale Kia s’adjugeant même un gain de 3,0%.
Le numéro un européen, Volkswagen, est sur la mauvaise pente, avec un plongeon de 14,6% de sa marque phare en mars. PSA Peugeot Citroën concède une baisse de 16,0%, tandis que Renault (-9,6%) doit sa maigre avance face au marché à Dacia (+20,2%) alors que la marque au losange abandonne 15,9% de ses ventes.
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