Alibaba choisit finalement New York pour une entrée en Bourse historique
Alibaba a mis fin hier à des mois de spéculations quant au choix de sa place de cotation, qui pourrait en montant rivaliser avec celle de 16 milliards de dollars réalisée par Facebook en 2012 parmi les plus importantes introductions en Bourse de l’histoire dans le secteur de l’internet. Le géant chinois du commerce en ligne a en effet indiqué hier avoir choisi New York pour concrétiser son IPO.
Alibaba inflige ainsi un camouflet à la Bourse de Hong Kong, longtemps donnée favorite. Le groupe précise ne pas exclure à l’avenir la cotation de titres sur le marché des capitaux chinois, «afin de partager les fruits de notre croissance avec le peuple chinois». Les pourparlers avec Hong Kong ont visiblement échoué car les régulateurs locaux ont estimé que la gouvernance du groupe chinois ne permettait pas de respecter le principe d’«une action, une voix». Les fondateurs et dirigeants de l’entreprise, dont le président Jack Ma, disposent de fait d’un pouvoir plus étendu que celui qui correspond strictement aux 13% du capital qu’ils détiennent. La décision dévoilée hier «fera de nous une entreprise plus internationale et améliorera la transparence du groupe», a avancé Alibaba.
Ce dernier a précisé avoir commencé à discuter avec six banques concernant l’opération tant attendue, qui pourrait avoir lieu au troisième trimestre, après le dépôt des premiers documents dès le mois prochain. Alibaba n’a pas précisé l’identité de ces banques, ni le montant ou le calendrier envisagé. Reuters croit savoir que Citigroup, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley sont ainsi sur les rangs. L’affaire a de quoi attiser les convoitises. La valorisation du groupe chinois pourrait à cette occasion en effet s’établir à au moins 140 milliards de dollars, permettant lors de l’IPO à Alibaba de lever pas moins de 15 milliards de dollars. Sur la base d’une commission de 1,75%, les banques pourraient donc se partager quelque 260 millions de dollars.
L’introduction en Bourse d’Alibaba sera également suivie de près par ses deux principaux actionnaires, l’opérateur de téléphonie mobile japonais Softbank et le portail internet américain Yahoo, qui détiennent respectivement 37% et 24% du capital. Yahoo, dont le premier investissement dans Alibaba remonte à 2005, a dit qu’il entendait réduire sa participation dans l’entreprise via son introduction en Bourse.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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