Alcatel-Lucent travaille ses cessions d’actifs et ses marges
Recapitalisation, remontée des marges et cessions d’actifs. Pour l’instant, Michel Combes, le directeur général d’Alcatel-Lucent, et son directeur financier, Jean Raby, font un sans-faute. Depuis l’arrivée du duo à la tête de l’équipementier en télécoms, le cours de l’action a plus que triplé, revenant hier soir à 3,30 euros. «Nous commençons à reprendre notre avenir en main», a soufflé Michel Combes, tout en rappelant que le plan «Shift», qui vise à repositionner la société sur les segments porteurs des réseaux IP et l’accès au très haut débit, n’est en œuvre que depuis six mois et qu’il doit porter le groupe jusqu’en 2015.
A cet horizon, Alcatel-Lucent devra avoir réduit ses coûts d’un milliard et avoir vendu pour un milliard d’euros d’actifs.
Avec l’annonce hier du projet de cession de la division Entreprise, le groupe en était à 350 millions d’euros. Alcatel-Lucent a reçu une offre ferme de China Huaxin, une société publique chinoise créée en 1993 sous l’égide du ministère des télécommunications pour prendre des participations dans des entreprises de technologie. Aujourd’hui placé sous la responsabilité de China Reform Holdings Corporation, China Huaxin est déjà actionnaire d’Alcatel Shanghai Bell, la filiale chinoise de l’équipementier. L’offre, qui doit aboutir d’ici au troisième trimestre, valorise la division à 268 millions d’euros en valeur d’entreprise, 237 millions d’euros sans la dette, pour 100% du capital. Alcatel-Lucent gardera 15% du capital, pendant au moins deux ans, notamment pour tenter de rassurer les 1.400 salariés français de cette division appelés à passer sous la coupe d’un actionnaire public chinois.
Si le prix de cession est relativement faible, avec un multiple d’environ 0,4 fois le chiffre d’affaires, et inférieur aux attentes de certains analystes, la déconsolidation de cette activité tout juste à l’équilibre doit contribuer à nourrir la remontée des marges d’Alcatel-Lucent.
Au quatrième trimestre 2013, la marge d’exploitation d’Alcatel-Lucent est remontée à 7,8% malgré une stabilité du chiffre d’affaires à 3,9 milliards. Elle était de 2,8% au dernier trimestre 2012. Reste le problème des cash-flows, toujours négatifs à hauteur de 636 millions d’euros en 2013, comme en 2012. Michel Combes a réaffirmé sa priorité : retrouver un flux de trésorerie positif en 2015.
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