Alcatel-Lucent pourrait être rattrapé dès 2013 par ses échéances de dette
En abaissant d’un point à 4% sa prévision de marge d’exploitation ajustée pour l’ensemble de l’exercice 2011, Alcatel-Lucent voit s’éloigner son objectif de redevenir une «entreprise normale» dans la dernière ligne droite de son plan de transformation triennal. Malgré un bénéfice net trimestriel à fin septembre multiplié par huit, à 194 millions d’euros, l’équipementier télécoms constate une prudence accrue dans les investissements des opérateurs en Europe. Cette tendance qui va continuer à peser sur le chiffre d’affaires rend caduque son ambition de générer un cash-flow libre positif cette année. Le groupe devrait au contraire terminer l’exercice avec un flux net de trésorerie négatif d’environ 800 millions d’euros, un niveau similaire à celui de 2010.
Si Alcatel-Lucent compte sur des économies supplémentaires de 500 millions et une meilleure gestion des stocks pour générer un cash-flow libre positif en 2012, rien n’est moins sûr avec un marché global des équipements télécoms qui pourrait reculer de 5%, selon plusieurs bureaux d’analyse. «Une marge d’exploitation supérieure à 5% et une légère croissance du chiffre d’affaires sont nécessaires pour assurer la viabilité du groupe à moyen terme dans son périmètre actuel et sans financement externe», ont d’ailleurs calculé les analystes d’Exane BNP Paribas.
La dette nette du groupe affiche une hausse séquentielle de 65% à 620 millions d’euros au 30 septembre. Si la cession de Genesys pour 1,1 milliard d’euros, effective début 2012, permettrait d’éponger un cash-flow négatif l’an prochain, la situation de liquidité du groupe pourrait être problématique ensuite, puisque 43% de la dette financière brute totalisant 4,5 milliards à fin septembre est remboursable entre 2013 et 2015. De plus, sur une trésorerie brute de 3,75 milliards d’euros au bilan, 900 millions sont logés au sein d’Alcatel Shanghai et donc soumis à des restrictions de change.
Cette dégradation de la structure de bilan est d’autant plus préoccupante que le groupe fera face à partir de 2013 à une obligation de financement supplémentaire pour rééquilibrer un régime de retraite déficitaire de 1,2 milliard d’euros au 30 septembre dernier. L’action a dévissé vendredi de 17% pour terminer en dessous de 1,7 euro, au plus bas depuis mi-juillet 2009, les investisseurs n’étant pas prêts à laisser à l’équipementier le bénéfice du doute.
Plus d'articles du même thème
-
LVMH cède Marc Jacobs à WHP Global et G-III Apparel
Le géant français du luxe poursuit la rationalisation de son portefeuille de marques. Si le montant n’est pas officiellement dévoilé, les acquéreurs - WHP, propriétaire de Vera Wang et G-Star, et G-III, détenteur de Lagerfeld et DKNY - lèvent 850 millions de dollars pour financer l’opération. -
Le Congo poursuit ses émissions d’eurobonds
Six mois après son retour sur le marché des eurobonds, le pays vient de lancer une opération de rachat d’obligations et une nouvelle émission obligataire de 575 millions de dollars alors qu’il entame des discussions avec le FMI. -
Le cinéma réécrit son scénario pour attirer les épargnants
Porté par de nouveaux fonds, le financement du cinéma cherche à sortir de la logique de défiscalisation pour devenir une véritable classe d’actifs.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
442 mises en demeure et six signalements à la suite de contrôles effectués dans les écoles privées
S’il « n’y a pas eu de nouveau Bétharram », selon le ministre de l’Education, Édouard Geffray, on compte néanmoins 442 mises en demeure et six signalements au procureur -
EXCLUSIFAllègements de charges : le dilemme du gouvernement
Selon nos informations, le gel du barème empêcherait les réductions de charges de gonfler d'un peu plus de 2 milliards d'euros, le barème étant normalement indexé sur le Smic, qui va augmenter de 2,4 % au 1er juin. -
Quand Emmanuel Grégoire donne raison à #SaccageParis
Le successeur d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris a choisi de ne pas nommer d'adjoint au Patrimoine, lui préférant le « design et à l’esthétique » en décrétant un « droit au beau » dans tous les quartiers