Alcatel-Lucent n’a pas fini de convaincre sur la pérennité de son redressement
Alcatel-Lucent n’a pas encore levé tous les doutes concernant son redressement. La publication vendredi de résultats trimestriels de bon aloi aura en tout cas inspiré des prises de bénéfices sur le titre de l’équipementier télécoms, qui a clôturé en baisse de 1,89% à 4,21 euros. Depuis le 1er janvier pourtant, le groupe figure très nettement en tête du palmarès du CAC 40, avec un bond de 93%.
Car le marché en attend toujours davantage de la part d’un groupe assurant qu’il «continue sur sa dynamique», qui plus est dans le sillage, comme le souligne Oddo, de publications «encourageantes» d’Ericsson. Le courtier salue pourtant des «résultats supérieurs à des attentes élevées», avec notamment une croissance organique des ventes de 14% (15,2% en données brutes à 3,74 milliards d’euros, sous l’impulsion de l’Amérique du Nord) face à 25% notamment pour Ericsson.
Les analystes crédit d’Aurel «continu(ent) de considérer qu’Alcatel-Lucent a un profil opérationnel extrêmement fragile et que la visibilité est faible». Plus mesuré, WestLB reconnaît que le groupe a «impressionné» le marché par le dynamisme de ses ventes et qu’il a connu un «certain succès» grâce à la réduction des coûts opérationnels. Mais la banque reste confrontée à l’obstacle de la génération de liquidités, qui est à ses yeux «l’ultime critère». «Alcatel n’a pas montré qu’il peut dégager du cash régulièrement», regrette l’analyste de WestLB. «Sous pression comme prévu», selon Oddo, du fait notamment d’une dégradation du besoin en fonds de roulement après le séisme du 11 mars au Japon, le flux de trésorerie a été négatif de 213 millions d’euros au premier trimestre 2011, après l’embellie d’un flux positif de 319 millions au trimestre précédent, habituellement le meilleur de l’année. Le groupe, qui veut croire que l’impact de la catastrophe nipponne restera limité, a confirmé viser un free cash flow positif en 2011.
Le groupe a confirmé l’ensemble de ses objectifs annuels, passant par une progression du chiffre d’affaires supérieure à celle du marché (qu’il estime voisine de 5%) et une marge opérationnelle ajustée de plus de 5% (0,3% au trimestre écoulé). «Nous sommes en bonne voie pour devenir une entreprise normale cette année», a simplement répété le directeur général Ben Verwaayen.
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