Alcatel-Lucent lance un nouveau plan d'économies pour préserver son cash

L'équipementier compte baisser ses coûts de 750 millions d’euros supplémentaires après avoir brûlé plus de 500 millions au deuxième trimestre
Alexandre Garabedian

Une semaine après son avertissement sur résultats, Alcatel-Lucent en tire les conséquences. L’équipementier télécoms a annoncé hier un nouveau plan de restructuration, en marge de la publication d’une perte opérationnelle ajustée de 31 millions d’euros au deuxième trimestre, afin d’économiser 750 millions d’euros supplémentaires d’ici à fin 2013. Une purge destinée à endiguer une consommation de cash qui s’est révélée bien supérieure aux attentes.

Le plan prévoit la suppression de 5.000 postes dans le monde, en préservant les équipes de recherche et développement, et la sortie ou la restructuration de contrats et de marchés non rentables. Le portefeuille de brevets sera par ailleurs géré comme un centre de profits indépendant. En comptant les réductions de coûts déjà annoncées, l’économie visée est de 1,25 milliard d’euros à fin 2013.

Alcatel-Lucent réagit ainsi à la nouvelle déception suscitée par sa consommation de cash. Au deuxième trimestre, le free cash flow s’est révélé négatif de 511 millions d’euros, et la trésorerie nette a reculé à 236 millions, contre une estimation de 522 millions par exemple chez CA Cheuvreux. Le besoin en fonds de roulement a augmenté à lui seul de 182 millions d’euros sur la période.

Malgré l’annonce du plan d’économies, «toute amélioration ne sera que progressive, et les craintes sur la capacité du groupe à générer un free cash flow positif (et donc à faire face à ses dettes) dépendra en partie de l’environnement de marché et ne sera donc pas connu avant, au mieux, 2013», notent les analystes de Natixis. Ceux-ci jugent néanmoins crédible l’objectif d’Alcatel de terminer l’année en trésorerie nette positive, vu la saisonnalité de l’activité.

Les comptes trimestriels de l’équipementier font aussi apparaître un creusement du déficit de son fonds de pension, passé de 1,2 à 2,1 milliards d’euros en trois mois. Il s’explique par la baisse du taux d’actualisation des passifs, signalant le problème structurel que pose l’environnement de taux bas actuel à cette industrie. Mais Alcatel-Lucent ne s’attend pas à faire de contribution exceptionnelle au fonds avant 2016, car les Etats-Unis viennent d’adopter un loi favorable au calcul des obligations de financement des plans de retraite américains.

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