Alcatel-Lucent écarte le risque d’une crise de liquidité à l’horizon 2015
Le financement multidevises totalisant 1,61 milliard d’euros obtenu par Alcatel-Lucent auprès de Goldman Sachs et Credit Suisse permettra à l’équipementier télécoms de s’atteler plus sereinement à l’amélioration de sa structure de bilan. Intégralement souscrit par les deux banques, le crédit syndiqué comprend une ligne de 500 millions de dollars à échéance 3,5 ans et deux lignes de 1,27 milliard de dollars et 250 millions d’euros à échéance 6 ans.
Son coût a été fixé à 600 points de base (pb) au-dessus du Libor pour la tranche la plus courte et à 700 pb au-dessus de ce taux de référence pour les facilités à 6 ans, ce qui correspond à un taux d’intérêt respectif de 7,25% et 8,25% actuellement.
L’emprunteur sera la filiale américaine d’Alcatel-Lucent et la syndication du crédit devrait être finalisée en janvier prochain. Ces facilités de premier rang «seront garanties, entre autres, par le portefeuille de propriété intellectuelle» de l’équipementier et elles serviront à rééchelonner ses engagements.
Si la trésorerie du groupe était en mesure de satisfaire ses besoins de financement au cours des deux prochaines années (2,9 milliards d’euros), le principal risque de liquidité, désormais écarté, provenait de l’arrivée à maturité en janvier 2015 d’une Oceane d’un milliard d’euros, assortie d’un coupon de 5%.
Notant que les charges financières n’augmenteront pas trop à l’issue de ce refinancement, les analystes de Natixis estiment que l’accord «met en avant la valeur intrinsèque» de l’équipementier franco-américain, évalué sur la base de la «somme des parties» ; son portefeuille d’environ 29.000 brevets a en effet été estimé entre 3,2 et 5,5 milliards d’euros par une société spécialisée.
Alcatel-Lucent aura également davantage de flexibilité pour réaliser son programme de réduction de coûts de 1,25 milliard d’euros à l’horizon 2013 et pour accélérer son recentrage, avec l’annonce de cessions potentielles comprises entre 1 et 1,5 milliard d’euros.
Mais on considère chez Sandford Bernstein comme «irréaliste» l’objectif d’une marge d’exploitation de 6 à 9% communiqué pour 2015, alors que cette rentabilité était négative (-0,7%) sur les 9 premiers mois de 2012. L’action, qui sera évincée le 24 décembre prochain de l’indice CAC 40, n’en a pas moins gagné 7% vendredi en terminant la séance à 0,91 euro.
Plus d'articles du même thème
-
La France espère fédérer le G7 sur la résolution des déséquilibres mondiaux
Face à une Chine puissante par ses exportations mais entraînant d’importants déséquilibres macroéconomiques, Roland Lescure souhaite faire adopter aux ministres des finances du G7 une méthode de résolution et une coopération renouvelée. -
Olivier Blanchard relance son projet de dette commune européenne
L'ex-directeur général du FMI et Angel Ubide, cadre de Citadel, viennent de préciser leur proposition pour créer des eurobond et doter la zone euro d'un actif refuge. Une solution taillée pour désamorcer les oppositions politiques, alors que l'Europe veut gagner en souveraineté financière. -
Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
La responsable des fusions-acquisitions de la banque d’investissement du Crédit Agricole a débuté dans le monde du M&A au milieu des années 90. Elle ne l’a plus quitté depuis et explique comment elle a réussi à atteindre son poste actuel tout en distillant des conseils aux femmes souhaiteraient faire carrière dans ce métier encore très masculin.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Reprise en mainLe grand ménage de Bruno Retailleau au sein de LR
Le renouvellement des instances locales du parti, en juin, devrait se traduire par un grand remplacement des cadres pro-Wauquiez par les amis du président et candidat des Républicains -
Trop-pleinLa France agricole malade de ses lois
La loi d'urgence agricole, réclamée par les agriculteurs lors des manifestations du début de l'année, sera débattue à l'Assemblée cette semaine. Avec un potentiel de déception important... Comme pour les précédentes -
EditorialScandale périscolaire à Paris : une affaire de plus en plus politique
Enquêtes, justice, colère des parents et... offensive des insoumis : Emmanuel Grégoire est loin d’en avoir fini avec ce scandale