Air France-KLM s’appuie sur Natixis pour effacer son risque de liquidité à court terme
Air France-KLM se donne de l’air. La compagnie aérienne vient de faire disparaître une importante échéance financière qui aurait pu la contraindre à débourser 650 millions d’euros en avril 2012. Une dépense malvenue alors qu’elle essuiera en 2011, et vraisemblablement l’an prochain, de nouvelles pertes. Le groupe a conclu un contrat de swap d’une durée de quatre ans avec Natixis sur l’intégralité des obligations à option de conversion et/ou d’échange en actions nouvelles ou existantes (Oceane) émises en avril 2005 et d’échéance 2020. L’opération permet de faire disparaître le risque probable d’exercice de l’option dont disposaient les porteurs en avril 2012. L’action cotait hier 4,3 euros, face à un prix de remboursement de 21,06 euros, intérêts compris.
Afin d’offrir un traitement équitable à tous les porteurs de titres, Natixis a ouvert hier une «procédure contractuelle d’acquisition», au prix fixe de 21 euros, offrant une prime de 0,26 euro par Oceane. «La prime offerte pour les Oceane est attrayante et devrait inciter les investisseurs à apporter leurs titres à Natixis», indique Laurent Le Grin, gérant obligations convertibles chez Edmond de Rothschild AM. La procédure est ouverte jusqu’au 13 décembre. L’opération a été d’autant mieux perçue hier sur le marché qu’en améliorant le profil de crédit d’Air France, elle a indirectement profité à l’obligation convertible 2015.
Les titres achetés par Natixis lors de la procédure et pendant toute la durée du contrat de swap permettront de couvrir un crédit accordé à Air France-KLM à échéance mars 2016. «Aujourd’hui, l’Oceane porte une option sur l’action quasiment nulle, ce qui peut susciter des interrogations sur l’intérêt de Natixis. Mais la banque peut espérer que d’ici deux ou trois ans, dans une conjoncture meilleure, la valeur ait fortement augmenté», décrypte un autre investisseur.
Fréquent pour les autres types de titres, le contrat de swap est pour la première fois utilisé pour des valeurs mobilières donnant accès au capital. «Il s’agit d’une opération entre procédure de désintéressement et offre sur une ligne obligataire. Elle pourrait appeler à une évolution de la réglementation et pourrait intéresser d’autres émetteurs pour gérer leurs emprunts obligataires», espère Alexis Marraud des Grottes, avocat chez Orrick Rambaud Martel, le conseil de Natixis.
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