Air France-KLM protège la valeur de son matelas d’actions Amadeus
Un premier placement en début d’année. Un second en fin d’exercice. Air France-KLM gère consciencieusement son matelas d’actions Amadeus, l’une de ses principales réserves de trésorerie. La compagnie aérienne a vendu 12 millions d’actions de la société de réservations de billets à la Société Générale, soit environ un tiers de sa participation de 7,73%. 7,4 millions de ces titres ont été revendus par la banque dans le cadre d’un placement privé orchestré par HSBC via une procédure de livre d’ordres accélérée (ABB).
Cette double procédure permet à Air France de sécuriser la valeur de son bloc de 12 millions de titres tout en conservant la possibilité de profiter, à l’avenir, d’une éventuelle nouvelle hausse du cours de Bourse d’Amadeus sur la partie des actions conservées par la Société Générale. La compagnie était conseillée par Rothschild.
Les conditions de l’accord de couverture entre Air France-KLM et la banque ne sont pas révélées. Sur la base du prix du placement des actions Amadeus, 19 euros par titre, le bloc de 12 millions d’actions peut être estimé à 228 millions d’euros. En ajoutant le placement du mois de mars, portant sur 7,5% du capital, la vente de titres Amadeus a permis à la compagnie de renflouer sa trésorerie de 714 millions d’euros cette année.
Si l’opération récente est «légèrement négative» pour l’image d’Air France-KLM, «elle reflète essentiellement la valorisation élevée d’Amadeus (+50% depuis le début de l’année, ndlr) plus que les éventuels besoins de financement de la compagnie à court terme», estiment les analystes de Cheuvreux. Le groupe conserve encore un peu plus de 5% du capital d’Amadeus, soit une réserve potentielle, aux cours actuels, de 430 millions d’euros. Air France-KLM, ainsi que Lufthansa, qui a également placé 16 millions d’actions, se sont engagés à ne plus vendre de titres pendant 3 mois.
Ce nouveau placement illustre malgré tout les tensions persistantes du bilan d’Air France, face à une activité déprimée, et malgré les premiers effets positifs du plan d’économies.
Fin septembre, la compagnie affichait 5,2 milliards d’euros de capitaux propres pour un peu plus de 6 milliards de dettes financières nettes. La direction s’est engagée à réduire la dette à 4,5 milliards d’ici à fin 2014 sans augmentation de capital. Une affirmation qui suscite encore un certain scepticisme sur le marché.
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