Air France-KLM préfère se laisser diluer au capital d’Alitalia
C’est non. Air France-KLM ne participera pas à l’augmentation de capital de 300 millions d’euros projetée par Alitalia. La direction de la compagnie franco-néerlandaise l’a confirmé hier. Selon elle, le volet industriel du plan présenté mercredi soir par le conseil d’administration de la compagnie italienne va dans la bonne direction. Mais sa partie financière reste insuffisante.
Air France-KLM conditionnait sa participation à une restructuration complète de la dette d’Alitalia ce qui n’a toujours pas été annoncé. A fin septembre, celle-ci s'élevait à 813 millions d’euros, contre 946 millions fin juin. Air France-KLM a toutefois accepté de convertir en actions les obligations convertibles souscrites en février 2013 dans le cadre d’un prêt d’actionnaires. Sur les 95 millions d’euros émis, le groupe franco-néerlandais avait apporté 23,8 millions.
Conséquence, la participation d’Air France-KLM au capital de la compagnie italienne, actuellement de 25%, va mécaniquement chuter. «Après conversion de ce prêt et à supposer que tous les actionnaires prêteurs convertissent et que l’augmentation de capital de 300 millions d’euros soit entièrement souscrite, notre participation devrait se trouver aux alentours de 7%», a indiqué le directeur financier d’Air France-KLM, Philippe Calavia.
En passant sous le seuil de 20% du capital, Air France-KLM, qui avait investi 323 millions d’euros dans Alitalia au début 2009, perdra un droit de veto qu’elle reconnaissait de toute façon avoir du mal à exercer. Le groupe dispose de quatre sièges au conseil d’administration d’Alitalia mais peinait à faire entendre sa voix face aux intérêts publics italiens. Air France-KLM n’avait jamais caché son souhait de prendre le contrôle d’Alitalia à conditions que des mesures drastiques soient entreprises pour son redressement. Ce qu’il n’a jamais obtenu.
De son côté, Alitalia a repoussé mercredi du 15 au 27 novembre la date-butoir pour participer à cette levée de fonds, dans l’espoir de finalement convaincre Air France-KLM d’ici là. Sans la participation du groupe franco-néerlandais, l’opération semble compromise, même si le ministre des Transports italien, Maurizio Lupi, a lancé hier que le refus d’Air France-KLM de participer à l’augmentation de capital ouvrait la voie à la quête de nouveaux partenaires internationaux, probablement asiatiques.
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