Air France-KLM ouvre un plan de transformation à hauts risques
Déficitaire et surendettée, Air France-KLM s’impose un traitement de choc pour sortir du rouge. Le plan dévoilé hier par la compagnie va au-delà des simples mesures d’économies. «Le retour à une profitabilité satisfaisante nécessitera une amélioration très importante de la productivité dans tous les secteurs du groupe», prévient la direction, ce qui passera par une renégociation à hauts risques des accords avec le personnel. Et le temps presse, alors que le consensus attend 1 milliard d’euros de perte nette cumulée en 2011 et 2012 . «Les négociations avec les organisations représentatives des différentes catégories de personnel débuteront sans délai», indique Air France-KLM.
Autre chantier en profondeur : la réorganisation de son réseau court et moyen courrier, son principal foyer de pertes. «Depuis la crise de 2008-2009, l’évolution négative des recettes unitaires, sans aucun doute structurelle et donc durable, a entraîné (…) le creusement des pertes d’exploitation de cette activité qui seront de l’ordre de 700 millions d’euros sur l’année 2011», reconnaît Air France-KLM. Là encore, la transformation s’annonce douloureuse: «renforcement significatif de la productivité de toutes les catégories de personnel, recours accru à la sous-traitance dans certains secteurs, amélioration du taux d’utilisation des avions».
Mais selon la direction, seules ces mesures structurelles permettront à la compagnie de restaurer son bilan, plombé par une dette nette de plus de 6,5 milliards d’euros à fin septembre 2011. L’objectif fixé par Jean-Cyril Spinetta, qui a repris les commandes en octobre 2011, est de générer avec cette transformation un milliard d’euros de capacité d’autofinancement en trois ans. Un milliard supplémentaire proviendra des économies immédiatement mises en œuvre: «gel des augmentations en 2012 et 2013» chez Air France, «modération salariale chez KLM», gel des embauches et réduction de la flotte d’avions.
Le groupe assure que les dépenses de sécurité et de relation avec les clients ne sont pas concernées, mais ce tour de vis sur les investissements doit permettre d’économiser un milliard de cash-flow sur la période 2012-2014, par rapport aux 6 milliards investis entre 2009 et 2011. Avec ces efforts, la direction espère alléger de 2 milliards la dette nette d’ici à 2014. Une condition sine qua non si la compagnie veut éviter de mettre à contribution son premier actionnaire, l’Etat français.
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