Air Berlin renforce ses liens avec Etihad Airways pour réduire sa dette
Air Berlin, qui n’a pas dégagé un seul exercice bénéficiaire depuis 2007, cherche par tous les moyens à réduire une dette nette de 853 millions d’euros qui représentait à fin septembre plus de 4 fois et demie ses fonds propres.
Après quelques semaines de négociation, la deuxième compagnie aérienne allemande a annoncé hier qu’elle allait céder 70% de son programme de fidélité à son actionnaire de référence Etihad Airways pour 184,4 millions d’euros. Si la transaction était attendue, son montant est deux fois plus élevé que celui anticipé par les analystes, qui tablaient sur un prix de 100 millions d’euros au maximum. L’action a gagné hier 8,4% en terminant à 1,64 euro à Francfort.
Déjà avalisée par l’office allemand des cartels, la transaction devrait être bouclée «avant la fin de cette année», selon Air Berlin. Le produit de cession permettra à la compagnie allemande d’afficher «un bénéfice net positif», indique son directeur général Hartmut Mehdorn, en ajoutant que cela renforcera aussi la trésorerie et les fonds propres du groupe. «Avec cette mesure, Air Berlin est passé d’une situation d’urgence à une situation très tendue», nuance Jürgen Pieper, analyste chez Bankhaus Metzler.
La compagnie conservera 30% du programme «Topbonus» qui sera désormais logé au sein d’une société indépendante de droit britannique, dont le siège social sera à Berlin. Le transporteur allemand s’est réservé la possibilité de racheter l’an prochain au transporteur d’Abu Dhabi 10% du programme de fidélisation, qui compte actuellement 3,1 millions de membres et 123 sociétés partenaires. L’opération reflète un nouveau coup de pouce d’Etihad, qui avait porté voici un an de 3,2% à 29,2% sa part dans Air Berlin; il avait alors déboursé 73 millions d’euros, en accordant à la compagnie allemande une facilité de crédit maximale de 200 millions d’euros.
Air Berlin, qui vise un retour à une rentabilité d’exploitation positive en 2013, doit prochainement annoncer le détail d’un nouveau programme de réduction de coûts («Turbine 13») qui se rajoutera au programme «Shape & Size» mis en œuvre à l’automne 2011. Afin de ramener sa dette aux alentours de 500 millions d’euros à fin décembre 2012, Air Berlin, qui a réduit sa flotte de 8 avions supplémentaires depuis juin, finira l’année avec moins de 145 appareils.
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