Air Berlin compte sur Abou Dhabi pour assurer son redressement

Etihad Airways a annoncé qu’elle porterait sa participation dans la compagnie allemande de 2,99 % à 29,2 % avec deux sièges au conseil de surveillance
Patrick Aussannaire

Etihad Airways profite des difficultés d’Air Berlin. La compagnie aérienne du Golfe détenue à 100% par l'émirat d’Abou Dhabi est en passe de devenir le premier actionnaire de la deuxième compagnie aérienne allemande derrière Lufthansa en faisant grimper sa participation de 2,99% à 29,2%.

Conséquence directe de cet accord annoncé hier: Etihad siègera au conseil de surveillance d’Air Berlin avec deux représentants. L’opération entraînera également un transfert du siège des activités au Moyen-Orient de la compagnie allemande de Dubaï à Abou Dhabi.

La part supplémentaire de 27,03% sera acquise par la création de nouvelles actions cédées au prix unitaire de 2,31 euros. Sur la base du nombre d’actions en circulation, cela représente un prix d’achat d’environ 53 millions d’euros, selon les calculs des analystes.

En contrepartie, Air Berlin précise qu’Etihad mettra à sa disposition 195 millions d’euros de lignes de crédit à cinq ans. L’accord n’est pas seulement financier : une «coopération stratégique» est prévue comprenant un accord de partage de codes sur tous les vols européens d’Air Berlin, de sa filiale autrichienne Niki et de la suisse Belair.

Si l’accord permettra à Etihad de prendre pied dans l’alliance Oneworld (dont British Airways, Iberia, American Airlines et Qantas), qu’Air Berlin doit rejoindre l’année prochaine, la compagnie allemande bénéficiera des accords passés par son désormais actionnaire majoritaire avec une trentaine de transporteurs dont TGVair, Brussels Airlines, Royal Air Maroc ou Alitalia. Le partenariat avec Etihad sera «notre nouvelle porte vers l’Asie et l’Australie», s’est félicité le patron d’Air Berlin, avec des synergies estimées entre 35 et 40 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire en 2012.

Cet accord sera-t-il suffisant pour redresser la compagnie allemande? L’année 2011 aura été marquée par la démission de son président fondateur en août, par des scandales de conditions préférentielles accordées à des personnalités, auxquels s’ajoutent deux semestres consécutifs de pertes. Avec un bénéfice net au troisième trimestre divisé par 5 en un an à 30,2 millions d’euros, Air Berlin a prévenu qu’elle resterait dans le rouge en 2011. Les investisseurs ont applaudi l’accord, le titre ayant gagné 8,27% à 2,501 euros à la clôture de la séance d’hier. Il reste néanmoins en baisse de 32,6% depuis le début de l’année.

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