Air Berlin compte sur Abou Dhabi pour assurer son redressement
Etihad Airways profite des difficultés d’Air Berlin. La compagnie aérienne du Golfe détenue à 100% par l'émirat d’Abou Dhabi est en passe de devenir le premier actionnaire de la deuxième compagnie aérienne allemande derrière Lufthansa en faisant grimper sa participation de 2,99% à 29,2%.
Conséquence directe de cet accord annoncé hier: Etihad siègera au conseil de surveillance d’Air Berlin avec deux représentants. L’opération entraînera également un transfert du siège des activités au Moyen-Orient de la compagnie allemande de Dubaï à Abou Dhabi.
La part supplémentaire de 27,03% sera acquise par la création de nouvelles actions cédées au prix unitaire de 2,31 euros. Sur la base du nombre d’actions en circulation, cela représente un prix d’achat d’environ 53 millions d’euros, selon les calculs des analystes.
En contrepartie, Air Berlin précise qu’Etihad mettra à sa disposition 195 millions d’euros de lignes de crédit à cinq ans. L’accord n’est pas seulement financier : une «coopération stratégique» est prévue comprenant un accord de partage de codes sur tous les vols européens d’Air Berlin, de sa filiale autrichienne Niki et de la suisse Belair.
Si l’accord permettra à Etihad de prendre pied dans l’alliance Oneworld (dont British Airways, Iberia, American Airlines et Qantas), qu’Air Berlin doit rejoindre l’année prochaine, la compagnie allemande bénéficiera des accords passés par son désormais actionnaire majoritaire avec une trentaine de transporteurs dont TGVair, Brussels Airlines, Royal Air Maroc ou Alitalia. Le partenariat avec Etihad sera «notre nouvelle porte vers l’Asie et l’Australie», s’est félicité le patron d’Air Berlin, avec des synergies estimées entre 35 et 40 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire en 2012.
Cet accord sera-t-il suffisant pour redresser la compagnie allemande? L’année 2011 aura été marquée par la démission de son président fondateur en août, par des scandales de conditions préférentielles accordées à des personnalités, auxquels s’ajoutent deux semestres consécutifs de pertes. Avec un bénéfice net au troisième trimestre divisé par 5 en un an à 30,2 millions d’euros, Air Berlin a prévenu qu’elle resterait dans le rouge en 2011. Les investisseurs ont applaudi l’accord, le titre ayant gagné 8,27% à 2,501 euros à la clôture de la séance d’hier. Il reste néanmoins en baisse de 32,6% depuis le début de l’année.
Plus d'articles du même thème
-
La Bourse sanctionne le gouffre financier de l'IA
Les déceptions du troisième trimestre parmi les hyperscalers et l’avertissement d’Intel ont ponctué un nouveau mois difficile pour le secteur tech. Une rotation est à l’œuvre tandis que les investisseurs cherchent refuge auprès des emprunts d’Etat. -
Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
Le S&P 500 pourrait encore gagner 9% sur un an, comme la Bourse japonaise et l’indice paneuropéen. En revanche, le CAC 40, seul de ces indices en recul depuis le début de l’année, ne dispose que d’un potentiel de 6%. -
Les panels parient sur au moins deux hausses des taux Fed
Les panélistes interrogés par L’Agefi n’ont pas modifié leurs attentes de taux pour les quatre grandes géographies par rapport à fin septembre. Ils renforcent légèrement le dollar.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
Contenu de nos partenaires
-
Winter is comingCroissance, dette : la France perd pied
« La France est à l'arrêt », constate le ministre des Finances, Roland Lescure. Les marges de manœuvre se réduisent : il faut contenir le déficit public alors que l'activité cale et les taux s'envolent -
EditoCrise énergétique et Budget : la France à l’heure d’hiver
Après les carburants, le gaz. Une autre crise énergétique est partie pour prendre de l’ampleur. Et démontre la nécessité d’affronter la réalité budgétaire d’un pays aux abois -
Derrière les effusions, ce que contient l’accord UE-Canada (et ce qu’il ne contient pas)
Les dirigeants canadiens et européens ont dévoilé vendredi l’ébauche de leur « alliance pour le futur » à l’issue d’un sommet de deux jours à Montréal. Il reste cependant de nombreux points à négocier et de potentiels litiges à lever au cours des prochains mois