ADP affiche sa prudence dans l’attente de la signature du nouveau contrat de régulation

L’opérateur aéroportuaire français, qui a publié des comptes 2014 conformes à ses prévisions, met l’accent sur la productivité à l’horizon 2020.
Antoine Landrot

Au terme d’un exercice 2014 conforme aux objectifs du plan 2011-2015, ADP a présenté vendredi ses prévisions pour l’année en cours, ainsi que ses propositions pour le troisième contrat de régulation économique (CRE), pour 2016-2020. Dans l’attente de la signature du CRE 3 avec l’Etat, prévue en juin ou juillet prochain, l’opérateur aéroportuaire est resté prudent pour 2015. Il a confirmé son objectif d’excédent brut d’exploitation compris entre 1,1 et 1,2 milliard d’euros fin 2015, c’est-à-dire stable par rapport à 2014.

Le trafic des aéroports de Roissy et d’Orly devrait progresser de 2,6% en 2015 (comme en 2014). La croissance annuelle moyenne entre 2011 et 2015 se situera encore dans la fourchette prévue de 1,9% à 2,9%. L’augmentation du trafic l’année dernière, malgré la grève des pilotes d’Air France, est due à un «effet de rattrapage des compagnies low cost» dont la fréquentation a crû de 14,7%, souligne Edward Arkwright, DG adjoint aux finances. Pour l’ensemble du groupe (y compris sa participation de 38% dans l’opérateur turc TAV), le trafic a progressé de 5,7%.

Le CRE 3 met l’accent sur la rentabilité. «La loi exige que le rendement des capitaux employés de la base régulée, qui devrait atteindre 3,8% en 2015, soit équivalente au coût moyen du capital, soit 5,8%. Atteindre le niveau du coût du capital en 2020 nécessite de faire progresser notre rentabilité», souligne le PDG Augustin de Romanet.

Cette priorité passe par trois axes. D’abord «réduire les investissements sans sacrifier la maintenance», ce qui passe par l’optimisation de la gestion des terminaux existants, plutôt que la construction d’un terminal T4. Ensuite, augmenter la productivité: «nous avons le pied sur tous les freins», insiste-t-il. ADP propose de limiter la croissance annuelle moyenne des charges à 2,5%. En outre, il va accélérer le transfert de charges de la base régulée vers la base non régulée (pour une base d’actifs de 300 millions d’euros). Enfin, la hausse des tarifs de 2,5% (soit 1,75% au-dessus de l’inflation), moins que le CRE 2, fait consensus. Mais les augmentations dépendront de l’atteinte des objectifs de productivité.

Dans les relations avec ses clients, ADP entend «favoriser les longs courriers, les compagnies qui affichent un taux d’emploi important, dont les appareils sont basés à Paris ou ont une rotation très rapide», précise Augustin de Romanet. Concernant la privatisation de l’aéroport de Nice, ADP regardera le dossier.

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