Actavis résiste aux prédateurs en misant sur le rachat de Warner Chilcott
Actavis, le fabriquant américain de médicaments génériques, est l’objet de toutes les convoitises. Si Novartis a démenti hier vouloir lancer une offre, en réponse à des rumeurs d’achat que lui a prêtées le Wall Street Journal, d’autres laboratoires ont déjà manifesté leur intérêt pour le troisième génériqueur mondial. Alors que le secteur des génériques est encore très éclaté et que la concurrence sur les prix s’intensifie, une nécessaire concentration se met en place.
Selon diverses sources de marché, le canadien Valeant Pharmaceuticals aurait renoncé à racheter Activis faute d’accord sur le prix, après avoir proposé une offre à 13 milliards de dollars. La cible aurait également refusé une offre à 120 dollars par action de l’américain Mylan la valorisant 15 milliards de dollars. L’ensemble aurait pourtant donné naissance au premier acteur mondial de génériques. Toutefois, l’offre aurait été principalement en titres et non en cash. L’israélien Teva aurait aussi regardé le dossier, mais privilégierait plutôt les opérations de plus petite taille. Actuellement, Activis est valorisé autour de 16,5 milliards de dollars (+44% depuis le début de l’année). Le groupe se traite ainsi sur des ratios particulièrement élevés, près de 21 fois son Ebitda, et 3,6 fois son chiffre d’affaires en valeur d’entreprise (VE) selon les données Bloomberg.
Pour l’heure, Actavis se place davantage en prédateur qu’en proie. Il a lui-même annoncé le 10 mai dernier – peu de temps après que Valeant a renoncé à le racheter – être entré en discussions pour racheter le laboratoire irlandais Warner Chilcott, qui cherche à se vendre. Les rumeurs de marché évoquent une offre de plus de 5 milliards de dollars. La société vaut aujourd’hui 4,8 milliards.
En rachetant Warner Chilcott, Actavis pourrait atteindre 140 dollars – contre 124 dollars actuellement – estime Sanford C. Bernstein. De plus, cette fusion permettrait de réduire les coûts d’exploitation de 120 à 240 millions de dollars et d’élargir la franchise en santé féminine d’Actavis, ajoute Royal Bank of Canada. Un autre analyste évalue les économies à 200 millions, et souligne l’attrait de la fiscalité irlandaise. Et même si le cours de Warner Chilcott a rebondi de 60% depuis le début de l’année, l’action se paie seulement 10 fois ses bénéfices, contre 28 fois pour le secteur pharmaceutique selon Bloomberg, et se traite sur un ratio VE sur Ebitda seulement de 6 fois
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